Europe
Brexit, migrants, Ukraine, la visite de Macron à Londres lance une nouvelle donne
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham reçoit Emmanuel Macron pour des discussions serrées sur l’Europe, la Manche et la guerre en Ukraine.…


Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham reçoit Emmanuel Macron pour des discussions serrées sur l’Europe, la Manche et la guerre en Ukraine. Dix ans après le Brexit, les deux voisins veulent montrer que le dialogue a changé de ton.
La rencontre se joue en deux temps. Après un moment partagé devant la tapisserie de Bayeux, exposée au British Museum, Emmanuel Macron a poussé la porte du 10 Downing Street pour un entretien et un déjeuner avec Andy Burnham. Le dirigeant britannique, en poste depuis le 20 juillet, accueille seulement son deuxième chef d’État étranger. Le premier était Volodymyr Zelensky, fin juillet.
Andy Burnham ne s’en cache pas, il veut tourner la page des relations tendues avec l’Union européenne. Il dit vouloir s’appuyer sur le travail de son prédécesseur pour resserrer les liens avec Paris et Bruxelles. Selon lui, dix ans après le Brexit, les Britanniques en ont assez des divisions et comprennent la nécessité de travailler au plus près de leurs voisins. Un sommet entre le Royaume-Uni et l’UE est d’ailleurs annoncé pour plus tard dans l’année. Mais tout n’est pas réglé. Londres surveille notamment le soutien européen aux industries « made in Europe », qui pourrait fragiliser la sidérurgie britannique. De son côté, Emmanuel Macron assure que la discussion reste ouverte sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre Londres et Bruxelles.
La traversée de la Manche s’impose comme un sujet prioritaire. Le Royaume-Uni a enregistré cet été son plus faible nombre d’arrivées de migrants depuis 2019, un résultat attribué à l’accord avec la France reconduit pour trois ans en avril. Andy Burnham veut aller plus loin. Les passeurs utilisent désormais de très grandes embarcations, comme celle qui transportait récemment 230 personnes. Pour y faire face, une équipe de 45 personnes doit être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, ce qui ferait presque tripler les moyens dans ce secteur. Le message est simple, la réponse doit évoluer aussi vite que les méthodes des trafiquants.
L’Ukraine figure également au menu. À l’approche de l’hiver, les attaques russes de drones et de missiles s’intensifient et touchent de plus en plus de civils. Les défenses antiaériennes ukrainiennes manquent de munitions et peinent à intercepter les projectiles. Andy Burnham s’est déjà rendu à Kiev le 24 août pour une réunion de la coalition des volontaires, ce groupe de pays soutenant l’Ukraine que la France et le Royaume-Uni dirigent ensemble.
Il reste enfin la dimension symbolique de cette séquence. La tapisserie, qui raconte la conquête de l’Angleterre en 1066, a été prêtée au Royaume-Uni malgré les inquiétudes de certains défenseurs du patrimoine français. Le roi Charles III y voit un précieux signe de confiance. Emmanuel Macron, lui, a souhaité que les deux pays tissent un lien aussi fort que les fils de cette broderie millénaire. L’exposition ouvre au public le 10 septembre et se poursuit jusqu’à l’été 2027.
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