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Le Venezuela rouvre ses champs pétroliers aux géants américains

Chris Wright, le ministre américain de l’Énergie, a supervisé une salve d’accords entre Caracas, Chevron, Eni et GE Vernova. Derrière les contrats, un…

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Le Venezuela rouvre ses champs pétroliers aux géants américains

Chris Wright, le ministre américain de l’Énergie, a supervisé une salve d’accords entre Caracas, Chevron, Eni et GE Vernova. Derrière les contrats, un pacte plus large donnerait à Washington la main sur une part majeure des réserves de brut du pays.

Chris Wright n’a pas perdu de temps. Arrivé mardi à Caracas, le ministre américain de l’Énergie a assisté dès le lendemain à une série de signatures qui ravive la coopération entre les deux pays. Chevron, qui travaille le terrain vénézuélien depuis longtemps, obtient de nouveaux gisements. Le géant américain espère plus que doubler la production de ses trois coentreprises pour atteindre environ 600 000 barils par jour d’ici cinq ans. L’Italien Eni, lui, devient l’opérateur exclusif de Junin 5, un immense champ logé dans la ceinture de l’Orénoque.

Le pétrole ne fait pas tout. Le gouvernement vénézuélien a aussi fait appel à GE Vernova, l’héritière des activités énergie de General Electric, pour remettre en état une grande partie du réseau électrique du pays. Autre signature, autre acteur local, la société Primavera prend en charge deux champs pétroliers. Du côté américain, on évoque des dizaines de milliards d’investissements et des milliers d’emplois à venir. « Ces accords sont essentiels pour mettre en marche une dynamique de paix, d’opportunités et de prospérité », a lancé Chris Wright.

Au-delà de ces contrats industriels, les deux capitales ont conclu un accord autrement plus stratégique. Washington doit prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves. Concrètement, les États-Unis entreront à hauteur de 35 % dans North American Blue Energy Partners, la deuxième plus grande compagnie pétrolière privée du Venezuela. En contrepartie, ils pourront acheter à prix coûtant 20 % de la production du groupe, un brut destiné aux raffineries américaines spécialement conçues pour ce pétrole visqueux.

Pourquoi un tel appétit ? Le Venezuela dort sur les plus grosses réserves de pétrole de la planète, avec plus de 300 milliards de barils estimés. Le pays a déjà pompé plus de trois millions de barils par jour au sommet de son histoire, contre moins d’un million en début d’année. Chris Wright promet de repasser la barre des deux millions avant la fin de la décennie. Donald Trump, lui, parle du plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale et y voit un levier pour muscler les réserves américaines. Autre motivation, la carte électorale. Le président républicain veut limiter la hausse des prix à la pompe avant des élections de mi-mandat qui s’annoncent compliquées pour son camp.

Cette réconciliation ne doit rien au hasard. Nicolas Maduro a été capturé en janvier par les autorités américaines et Delcy Rodriguez assure l’intérim à la tête du pays. Depuis, Washington lève progressivement les sanctions et de nouvelles mesures ont été annoncées mercredi pour faciliter l’exploitation d’or et de charbon. La présidente par intérim, elle, assure que le Venezuela garde la souveraineté sur ses champs et remercie la Maison-Blanche pour le « bien-être » que ces contrats doivent apporter à la population.

Reste le volet le plus sensible, celui du calendrier politique. Donald Trump a répété mercredi que le Venezuela n’était « pas encore prêt » pour des élections, près de neuf mois après l’intervention américaine. Delcy Rodriguez annonce un processus électoral, mais seulement quand le pays sera prêt, dit-elle. Le pouvoir et l’opposition ont déjà tenu un premier cycle de dialogue en août, sous la pression de Washington. Une nouvelle session doit se dérouler dans une dizaine de jours.

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