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Bolivie sous tension les affrontements éclatent entre forces de l’ordre et paysans

L’état d’exception décrété par le président Paz provoque des heurts dans le bastion d’Evo Morales. Pourtant dans la capitale le calme revient peu à peu…

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Bolivie sous tension les affrontements éclatent entre forces de l'ordre et paysans

L’état d’exception décrété par le président Paz provoque des heurts dans le bastion d’Evo Morales. Pourtant dans la capitale le calme revient peu à peu après des semaines de blocages.

Les premiers accrochages violents ont eu lieu dimanche à Llavini, une localité du département de Cochabamba. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur des groupes de paysans retranchés sur des collines. Ces derniers ont répondu à coups de pierres et de dynamite. Un chauffeur routier a vu son camion pris pour cible le pare-brise criblé d’impacts. Ce département est un bastion de l’ancien président Evo Morales et constitue le dernier foyer de résistance après des semaines de manifestations. Le gouvernement de centre droit de Rodrigo Paz a décrété l’état d’exception sur tout le territoire pour quatre vingt dix jours. Cette mesure permet de déployer l’armée de restreindre les manifestations et d’interdire les blocages de routes.

La Bolivie traverse sa pire crise économique depuis plus de quarante ans. Les barrages routiers ont provoqué de graves pénuries de carburant de nourriture et de médicaments dans plusieurs villes dont La Paz et El Alto. La situation s’améliore progressivement. Le nombre de barrages est passé d’une centaine à une douzaine pendant le week end. Des camions citernes recommencent à approvisionner les grandes villes. Un oléoduc essentiel reliant le Chili a été débloqué. Le gouvernement est parvenu à un accord avec la Centrale ouvrière bolivienne qui a suspendu son mouvement. Mais les cultivateurs de coca proches d’Evo Morales refusent tout compromis. Ils restent mobilisés et continuent de bloquer des axes stratégiques entre l’ouest du pays et la région agricole de Santa Cruz.

Le président Paz accuse l’ancien chef de l’État Evo Morales d’être à la tête de la contestation et de recevoir un financement des trafiquants de drogue. Il n’a fourni aucune preuve pour appuyer ces affirmations. De son côté Evo Morales dénonce une persécution politique menée sur instruction des États Unis. Réfugié depuis deux ans dans le Chapare il échappe à un mandat d’arrêt pour une affaire de traite présumée d’une mineure. Ses partisans empêchent les forces de l’ordre d’exécuter ce mandat. Le gouvernement a prévenu que tous ceux qui maintiendraient les blocages seraient punis avec toute la rigueur de la loi. Il dénonce une tentative de coup d’État. Les barrages routiers continuent de peser sur la vie quotidienne des Boliviens.

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