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Bolivie les barrages lâchent le pays reprend son souffle
Après sept semaines de blocus qui ont étranglé l’économie bolivienne, les derniers barrages routiers sont levés. L’état d’exception décrété par le…


Après sept semaines de blocus qui ont étranglé l’économie bolivienne, les derniers barrages routiers sont levés. L’état d’exception décrété par le président Rodrigo Paz a forcé une trêve, mais les tensions politiques restent vives.
L’annonce est tombée lundi. Evo Morales, l’ancien président socialiste réfugié dans son bastion du Chapare, a ordonné une levée temporaire des barrages. Il parle d’une trêve, pas d’une reddition. Depuis début mai, syndicats, groupes indigènes et cultivateurs de coca bloquaient les routes pour réclamer la démission du président Paz. La crise économique, la plus grave depuis quarante ans, a alimenté la colère. Au plus fort de la contestation, une centaine de points de blocage paralysaient le pays. Les pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments se sont installées dans plusieurs villes.
Depuis l’instauration de l’état d’exception vendredi, la situation se débloque progressivement. Sur les marchés de La Paz, les files d’attente interminables ont disparu. Les commerçants voient arriver des camions chargés de viande, de légumes et de marchandises. Rosa Quispe, commerçante de 48 ans, raconte qu’avant il y avait quatre pâtés de maisons de queue. Maintenant c’est plus calme. Mais le pouvoir d’achat reste en berne. Beaucoup de Boliviens n’ont plus d’argent pour acheter. Les prix ont baissé, mais les clients se tournent vers le poulet, moins cher que le bœuf. L’approvisionnement en carburant demeure tendu. Des centaines de camions-citernes chiliens et péruviens, bloqués pendant des semaines, déchargent enfin essence et diesel dans le complexe de Senkata.
Les derniers foyers de contestation se concentrent dans le Chapare, région d’Evo Morales. L’ancien président est sous le coup d’un mandat d’arrêt pour traite présumée d’une mineure, une accusation qu’il rejette. Le ministre de l’Intérieur annonce un plan pour permettre l’entrée des forces de l’ordre dans la zone, avec calme et tranquillité. De son côté, Morales dénonce des coupures d’électricité répétées, qu’il attribue à une guerre psychologique. Il prévient que si les coupures continuent, ses partisans prendront le contrôle d’une centrale électrique. La trêve est fragile. Le pays respire, mais la crise politique, elle, n’est pas enterrée.





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