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Bolivie la rue crie sa colère contre le nouveau président
Paysans, ouvriers et mineurs ont envahi le centre de La Paz pour réclamer le départ de Rodrigo Paz. Le président, au pouvoir depuis sept mois, envisage de…


Paysans, ouvriers et mineurs ont envahi le centre de La Paz pour réclamer le départ de Rodrigo Paz. Le président, au pouvoir depuis sept mois, envisage de restreindre les libertés pour tenter d’arrêter la fronde.
Mercredi, des milliers de personnes ont à nouveau défilé dans les rues de la capitale bolivienne. Leurs cris ont résonné entre les immeubles de La Paz « Que voulons nous La démission ». Derrière ce mot d’ordre, on trouvait des paysans, des ouvriers, des mineurs, des enseignants et des transporteurs. Tous avançaient au bruit des pétards, parfois vêtus de ponchos et de casques. Venus du sud du pays, certains comme Omar Hancco, mineur de 44 ans, affirment vouloir défendre leur pays contre ceux qui, selon eux, veulent le détruire. Les manifestants ont tenté d’atteindre la place principale où se trouve le siège du gouvernement. Les forces anti-émeutes les ont dispersés avec des gaz lacrymogènes.
Cette mobilisation dure depuis cinq semaines. Elle vise directement Rodrigo Paz, un président de centre droit arrivé au pouvoir après vingt ans de gouvernements socialistes. Les Boliviens lui reprochent ses propositions de réformes, mais aussi son incapacité à sortir le pays de la pire crise économique depuis quatre décennies. Le coût de la vie explose et les espoirs placés dans ce nouveau dirigeant s’effondrent. Pour les manifestants, le changement promis n’a pas eu lieu.
Rodrigo Paz a répondu lundi en dénonçant des protestations « encouragées par des narcoterroristes ». Il a promulgué une loi qui lui permet de déclarer l’état d’exception. Si cette mesure est appliquée, les libertés de réunion et de circulation seront restreintes. Les forces armées pourraient alors aider la police à lever les dizaines de barrages routiers qui paralysent les principales villes du pays. Déjà, à La Paz et dans la ville voisine d’El Alto, les pénuries d’aliments, de carburant et de médicaments s’aggravent. Sur les marchés, le prix de la viande et des légumes a doublé. Des conducteurs dorment dans leurs véhicules en attendant désespérément du carburant devant les stations-service. Selon le gouvernement, l’impact économique des blocages dépasse 1,2 milliard de dollars. Malgré les appels au dialogue, les principaux syndicats mobilisés refusent de négocier tant que le président ne partira pas.
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