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Au Japon, la terre et le compost suffisent à allumer 800 LED

Un ingénieur de 72 ans a mis au point un système qui tire un peu d’électricité du sol qui nous entoure. Plus farfelu qu’une révolution énergétique, il…

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Au Japon, la terre et le compost suffisent à allumer 800 LED

Un ingénieur de 72 ans a mis au point un système qui tire un peu d’électricité du sol qui nous entoure. Plus farfelu qu’une révolution énergétique, il pourrait pourtant aider là où les prises manquent.

Sur une colline japonaise, un laboratoire baigne dans la lumière toute la nuit. À mi-pente, une serre s’illumine grâce à 1.500 caisses en bois remplies de terre et de compost. Ces caisses alimentent 800 LED, sans le moindre raccordement au réseau électrique.

Derrière ce dispositif se cache Satoshi Nakagawa, un ingénieur et designer industriel de 72 ans, patron de l’entreprise Tripod Design. Il doit faire face au scepticisme, mais il tient à son idée. Pour lui, l’humanité se dirige vers 10 milliards d’habitants et les questions d’énergie vont devenir aussi cruciales que celles de l’alimentation.

Sa méthode, qu’il appelle la collecte de micro-énergie, repose sur un mécanisme inventé en 1800 avec la pile voltaïque. Des électrodes de zinc et de cuivre sont insérées dans une matière qui contient de l’humidité ou des ions. La terre, le compost, mais aussi le vin ou le pain peuvent servir de support. Le courant capté est faible, mais il est constant.

L’an dernier, il a installé un second laboratoire à un peu plus de 100 kilomètres au nord-est de Tokyo. Là, 2.000 cylindres en plastique remplis de terre et de compost génèrent 100 watts. Cela suffit pour faire fonctionner un cuiseur à riz et quelques appareils électriques. Nakagawa voit plus loin. Ce type d’énergie pourrait dépanner les zones privées de courant après une catastrophe naturelle, ou alimenter des capteurs qui surveillent les terres agricoles, les rivières et les glissements de terrain.

Il pense aussi aux alarmes anti-intrusion, aux capteurs autonomes qui n’ont pas besoin de beaucoup de puissance. Son installation n’émet pas de dioxyde de carbone et, contrairement au solaire ou à l’éolien, elle ne dépend pas de la météo. Parmi les prototypes, un nœud autonome en forme de borne alimenté par la terre transmet des données à un satellite. D’autres créations ressemblent à des tiges flexibles qui s’illuminent dans la nuit comme des lucioles.

Tout le monde n’est pas convaincu. Masayuki Nakao, professeur émérite d’ingénierie à l’Université de Tokyo, suit ces travaux depuis des années. Il rappelle que la puissance fournie reste nettement inférieure à celle des batteries classiques ou des batteries de voiture. Il reconnaît en revanche une qualité particulière aux installations de Nakagawa. La lumière qu’elles produisent émeut ceux qui la regardent.

Nakagawa, lui, ne lâche rien. Il demande aux chercheurs de concevoir de nouveaux produits capables d’exploiter la micro-énergie. Il plaide pour que plusieurs technologies de récupération d’énergie soient combinées dans la stratégie énergétique globale. Selon lui, les possibilités sont illimitées.

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