Politique
Anthropic forcé de débrancher ses modèles d’IA les plus avancés
Le gouvernement américain a ordonné à la pépite de l’intelligence artificielle Anthropic de couper l’accès à ses deux nouveaux modèles, trois jours…

Le gouvernement américain a ordonné à la pépite de l’intelligence artificielle Anthropic de couper l’accès à ses deux nouveaux modèles, trois jours seulement après leur lancement. La raison invoquée est un risque pour la sécurité nationale, après la découverte d’un contournement de leurs protections.
Anthropic a annoncé suspendre ses deux modèles phares, baptisés Mythos 5 et Fable 5. La décision fait suite à une injonction du département du Commerce, qui exige de bloquer l’accès à tout ressortissant étranger, y compris les employés non américains de l’entreprise. Incapable de filtrer ses utilisateurs par nationalité, Anthropic a dû désactiver brutalement les deux modèles pour l’ensemble de ses clients. En cause, selon les médias américains, une directive du secrétaire au Commerce Howard Lutnick. Il aurait appris qu’une entreprise était parvenue à contourner les garde-fous, des modèles réputés pour détecter des failles de cybersécurité avec une rapidité inédite.
L’entreprise conteste fermement cette mesure. Dans un communiqué, Anthropic estime que la découverte d’un potentiel contournement ne justifie pas de retirer un modèle commercial déployé auprès de centaines de millions de personnes. Elle y voit un malentendu et prévient que si ce standard était appliqué à tout le secteur, cela bloquerait tous les nouveaux déploiements d’IA de pointe. Anthropic travaille à rétablir l’accès dès que possible, tandis que ses autres modèles restent opérationnels. L’entreprise milite pourtant depuis longtemps pour un encadrement public de l’IA. Son patron, Dario Amodei, a récemment plaidé pour des audits obligatoires des modèles les plus puissants, inspirés de l’aviation civile. Mais il réclame une procédure légale transparente et fondée sur des faits techniques. Or, selon lui, la directive de vendredi ne respecte pas ces principes.
Cette affaire s’ajoute à des tensions déjà vives entre Anthropic et l’administration Trump. Début mars, le Pentagone a rompu ses contrats avec l’entreprise, la qualifiant de risque pour la chaîne d’approvisionnement. Anthropic avait saisi la justice, affirmant avoir été sanctionnée pour avoir refusé que son IA serve à la surveillance de masse ou à des armes autonomes. Par ailleurs, Donald Trump vient de rendre facultatif le contrôle des modèles les plus avancés, un virage prudent après une politique hostile à toute régulation. Des experts comme Dean Ball, ex-conseiller de la Maison Blanche sur l’IA, jugent la décision grotesque. Vilas Dhar, président d’une fondation dédiée à l’IA, déplore que la sécurité et l’accès soient des intérêts nationaux, mais qu’un seul ait eu voix au chapitre.
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