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Adoptés de Corée, huit Danois réclament des comptes à leur pays

Ils ont grandi en pensant être des orphelins abandonnés. Aujourd’hui, ils découvrent que leur adoption reposait sur des mensonges et portent plainte…

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Adoptés de Corée, huit Danois réclament des comptes à leur pays

Ils ont grandi en pensant être des orphelins abandonnés. Aujourd’hui, ils découvrent que leur adoption reposait sur des mensonges et portent plainte contre l’État danois.

Sofie Randel avait trois ans quand elle débarque au Danemark avec son petit frère. Elle parle couramment coréen, elle est joyeuse et bavarde. Son père adoptif enregistre sa voix sur une cassette qui reste oubliée pendant des décennies. En 2023, elle confie cette bande à une journaliste. Grâce au babillage de la petite fille qui raconte son arrivée, elle remonte le fil de son histoire. Elle découvre alors une version totalement différente de celle inscrite sur ses papiers d’adoption. Loin d’avoir été abandonnée dans la rue, comme on le lui a fait croire, elle et son frère ont été confiés par leur mère à un orphelin le temps que la famille traverse des difficultés financières. En Corée, leurs trois frères et soeur ne les ont jamais oubliés. « Ils nous ont cherchés pendant 45 ans », raconte Sofie, la voix serrée.

Son cas n’est pas isolé. Entre 1970 et 1989, plus de 7 000 enfants coréens ont été adoptés au Danemark. La quasi-totalité d’entre eux étaient convaincus d’être des enfants trouvés. Des enquêtes ont prouvé le contraire. En 2024, un rapport officiel a montré que les agences d’adoption danoises, placées sous le contrôle de l’État, savaient que leurs partenaires sud-coréens modifiaient l’identité des enfants. En octobre 2025, la Corée du Sud a reconnu sa responsabilité dans des dizaines de milliers d’adoptions abusives. De l’argent public a même été versé pour faciliter ces adoptions illégales. « En tant que Danois, je croyais que mon pays faisait partie des bons et la Corée des méchants, mais la Corée a eu le courage de regarder la vérité en face », constate Peter Møller, qui milite pour les droits des adoptés. « Le Danemark, lui, préfère tout dissimuler sous le tapis ».

Sidse Koch Jørgensen, physiothérapeute de 53 ans, mène son combat depuis 2013. « C’est un droit humain de connaître son identité et de pouvoir retrouver sa famille », affirme-t-elle avec détermination. Sur ses papiers d’adoption, tout était faux. Après des années de démarches, elle a fini par retrouver son père biologique. Il lui a raconté la vérité. Sa mère avait quitté le foyer, et sa grand-mère avait décidé de placer les enfants dans un camp, sans l’accord du père parti à l’étranger. « Sur les documents, ma grand-mère n’a même pas signé, il y a juste un tampon, ce n’est pas légal », explique-t-elle. Aujourd’hui, huit plaignants demandent chacun 250 000 couronnes, soit environ 33 000 euros, en réparation. Ils veulent que l’État danois reconnaisse sa négligence et assume ses responsabilités. Le ministère des Affaires sociales, lui, n’a pas souhaité commenter.

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