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À la frontière des deux Corées, la musique adoucit les tensions mais pas les espoirs d’unification
Des milliers de festivaliers se rassemblent ce week-end à quelques kilomètres de la zone démilitarisée entre les deux Corées pour un festival de musique.…


Des milliers de festivaliers se rassemblent ce week-end à quelques kilomètres de la zone démilitarisée entre les deux Corées pour un festival de musique. Mais derrière l’ambiance festive, la jeune génération sud-coréenne ne croit plus à la réunification et aspire juste à une coexistence pacifique.
Le DMZ Peace Train Festival bat son plein dans le comté rural de Cheorwon, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Séoul. Ici, les barbelés et les champs de mines de la frontière sont si proches qu’on les devine. Pourtant, sur les scènes installées devant les ruines d’un ancien quartier général nord-coréen, le rock, le jazz et l’électro résonnent sans discontinuer. Des groupes venus de France, du Royaume-Uni, d’Indonésie ou des États-Unis se succèdent. Même des soldats sud-coréens en treillis assistent aux concerts, un brassage improbable dans ce lieu chargé d’histoire.
Les jeunes Sud-Coréens venus célébrer la fin des examens ne cachent pas leur pragmatisme. Seong-bin, un étudiant de 20 ans, résume une opinion partagée par beaucoup. Il sera sans doute difficile de former un seul pays, explique-t-il, mais on peut au moins espérer des relations apaisées et moins tendues. Les musiciennes du groupe Peach Truck Hijackers disent la même chose. Arrivées tôt pour profiter du festival, elles confient que la priorité absolue est d’éviter que la situation empire. L’idée d’une Corée unifiée leur semble lointaine. Un récent sondage du Conseil consultatif national pour l’unification confirme ce recul de l’espoir. Près de la moitié des jeunes de 19 à 39 ans considèrent désormais la Corée du Nord comme un pays hostile. Seuls 12 % environ se disent encore favorables à une réunification active.
Le festival lui-même jongle avec ces contradictions. Né en 2018 sous le slogan « Dansons pour un monde sans frontières », il mise sur la musique pour créer des ponts, même quand la diplomatie reste gelée. Des festivalières new-yorkaises présentes sur place soulignent l’effet surprenant de voir des soldats s’amuser aux mêmes endroits que les civils. Un stand éducatif permet aussi d’explorer les archives de la DMZ. L’événement a été imaginé par le programmateur britannique Martin Elbourne, venu de Glastonbury, après une visite en 2017. Malgré la dégradation des relations entre Séoul et Pyongyang, il garde espoir. Les changements peuvent survenir sans qu’on les attende, dit-il. Le ministère sud-coréen de l’Unification, qui coopère au festival, insiste sur ce même message. Quelles que soient les circonstances, la coexistence pacifique reste un désir ardent. La musique, elle, continue de jouer.





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