Économie
Un jury américain blanchit Boeing dans le litige avec LOT pour l’immobilisation des 737 MAX

Le verdict met un terme à la plainte de la compagnie polonaise qui réclamait 250 millions de dollars pour des pertes liées à la suspension des vols.
Un jury fédéral de Seattle a estimé, vendredi, que Boeing n’avait pas commis de fraude envers la compagnie aérienne polonaise LOT, déboutant cette dernière de sa demande d’indemnisation pour les préjudices subis lors de l’immobilisation mondiale des 737 MAX. La décision, rendue publique par les documents judiciaires, a été saluée par l’avionneur américain, qui s’est dit satisfait de cette issue.
LOT accusait Boeing de lui avoir causé un manque à gagner important, en raison de déclarations trompeuses et d’omissions intentionnelles concernant la fiabilité de l’appareil. La compagnie polonaise, première transporteur à engager une procédure judiciaire sur ce sujet, avait déposé une plainte en 2021 pour obtenir 250 millions de dollars. Elle estimait que les informations erronées fournies par le constructeur l’avaient poussée à acquérir le 737 MAX plutôt que le modèle précédent, le 737 NG.
L’immobilisation des 737 MAX, ordonnée par les autorités américaines de l’aviation civile, a duré vingt mois, de mars 2019 à novembre 2020. Cette décision faisait suite à deux accidents mortels, survenus en Indonésie et en Éthiopie, qui avaient coûté la vie à 346 personnes. Boeing avait reconnu dès 2019 qu’un logiciel anti-décrochage défaillant avait joué un rôle dans ces catastrophes.
Dans sa requête, LOT faisait valoir que l’immobilisation avait entraîné des annulations de vols, des frais de stockage des avions cloués au sol et des salaires versés à des équipages sans affectation. La compagnie a indiqué qu’elle prenait acte du jugement et qu’elle étudiait les voies de recours possibles pour poursuivre ses démarches juridiques.
Parallèlement, Boeing fait face à de nombreuses autres plaintes, essentiellement déposées par les familles des victimes des deux accidents. La quasi-totalité de ces affaires a été résolue à l’amiable. En mai, un tribunal de Chicago avait accordé 49,5 millions de dollars aux proches d’une passagère américaine décédée dans le crash éthiopien. Le premier procès civil lié à ces accidents s’était tenu en novembre 2025, aboutissant à une indemnisation de 28,45 millions de dollars pour le veuf d’une victime. Une nouvelle audience est prévue pour le 3 août, concernant le décès d’un ingénieur irlandais du Programme alimentaire mondial.
Pour le crash de Lion Air, tous les contentieux ont été réglés à l’amiable, le dernier accord ayant été conclu fin février. Enfin, en novembre 2025, un juge texan avait ordonné l’abandon des poursuites pénales contre Boeing pour ces deux accidents, mettant un terme à plusieurs années de procédures.

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