Société
La gauche stéphanoise tente de se réunir sur les ruines d’une majorité éclatée

L’ombre d’une condamnation pénale et d’une affaire de vidéo intime plane sur la campagne municipale. Les forces de gauche cherchent à capitaliser sur une aspiration au renouvellement, tandis que la droite, divisée, peine à se reconstruire.
À Saint-Étienne, le procès et l’incarcération de l’ancien édile Gaël Perdriau ont profondément marqué le paysage politique local. Cet épisode judiciaire, consécutif à des révélations concernant l’utilisation d’une vidéo à caractère privé, a laissé une majorité municipale de droite exsangue et une administration municipale décrite comme démotivée. Dans ce contexte, la coalition de gauche menée par l’ancien député socialiste Régis Juanico tente d’incarner une alternative unie, promettant de tourner la page et de se concentrer sur les urgences sociales.
Les préoccupations des habitants vont au-delà du seul scandale politico-judiciaire. La ville, frappée par une hausse significative de la pauvreté, particulièrement chez les jeunes, et par la disparition de l’entreprise Casino, doit également composer avec les difficultés d’accès aux soins. Le candidat de l’union de la gauche met ainsi en avant des propositions concrètes, comme la mise en circulation d’un bus médicalisé dans les quartiers carencés, pour répondre à ce sentiment d’abandon.
Face à cette offensive, le camp qui soutenait jusqu’alors l’ancien maire apparaît fragmenté. Deux candidats issus de l’ancienne majorité, Marc Chassaubéné et Siham Labich, se présentent séparément, le premier se revendiquant de la continuité, la seconde souhaitant prolonger l’action des mandats passés tout en prenant ses distances. D’autres figures, comme l’ancien député LR Dino Cinieri ou l’ex-président du Medef local Eric Le Jaouen, conduisent des listes distinctes, ayant rompu avec la majorité sortante avant la fin du mandat.
Cette dispersion contraste avec la stratégie d’union, certes incomplète, adoptée à gauche. Les écologistes, les communistes et Place Publique ont rallié la candidature de Régis Juanico dès le premier tour. Seule La France Insoumise maintient une liste autonome, conformément à sa ligne nationale. À l’extrême droite, le Rassemblement National, mené par Corentin Jousserand, espère quant à lui se qualifier pour le second tour. L’enjeu pour tous les candidats sera de convaincre une population qui exprime avant tout une lassitude et un désir de changement après des années de tumulte.

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