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43 vêtements neufs par an en moyenne pourquoi les Français achètent toujours plus

En 2025, chaque Français a acheté 43 pièces d’habillement neuves, soit une de plus qu’en 2024. Derrière cette hausse, le boom des plateformes asiatiques…

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43 vêtements neufs par an en moyenne pourquoi les Français achètent toujours plus

En 2025, chaque Français a acheté 43 pièces d’habillement neuves, soit une de plus qu’en 2024. Derrière cette hausse, le boom des plateformes asiatiques comme Shein inquiète associations et parlementaires.

La machine à consommer des vêtements neufs ne ralentit pas en France. L’éco-organisme Refashion, chargé par l’État de gérer la filière textile, a dévoilé ses chiffres annuels. En 2025, ce sont 3,6 milliards d’articles neufs qui ont été mis sur le marché, soit 10 millions par jour. Chaque habitant a acheté en moyenne 43 pièces d’habillement, 4 paires de chaussures et 12 articles de linge de maison. Une progression modeste mais continue, qui cache une transformation profonde du secteur.

Ce qui tire la consommation vers le haut, ce sont les géants de la vente en ligne comme Shein, Temu ou AliExpress. Ces plateformes asiatiques ont vu leurs ventes grimper de 12% en volume sur l’année. Sans elles, le marché serait resté stable, selon Refashion. Résultat : sept vêtements neufs sur dix sont aujourd’hui d’entrée de gamme, avec un prix moyen de 8,30 euros. Un modèle basé sur le volume et le renouvellement ultra-rapide des collections, que les défenseurs de l’environnement pointent du doigt.

Car derrière ces chiffres se cache un problème de taille. Maud Hardy, directrice générale de Refashion, a alerté sur le sort de ces articles : ils deviendront demain des déchets. Aujourd’hui, deux tiers des textiles usagés finissent incinérés ou enfouis en France, faute de filières de recyclage suffisantes. Elle appelle à l’urgence de construire une véritable industrie du recyclage textile pour gérer ces volumes.

C’est dans ce contexte qu’une proposition de loi visant à encadrer la mode ultra-éphémère est débattue au Parlement. Le texte prévoit des mesures comme l’interdiction de la publicité pour ces produits ou des pénalités financières. Mais le gouvernement marche sur des œufs. Il cherche à ne pas pénaliser de grandes enseignes européennes comme Kiabi, Decathlon ou Zara, qui emploient lourdement sur le continent et pèsent fiscalement. Une prudence qui irrite les associations.

La coalition Stop Fast Fashion, qui regroupe Emmaüs, Max Havelaar, Fashion Revolution et Les Amis de la Terre, dénonce une ambition trop timide. Elle rappelle que le secteur textile représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et pollue les sols et les cours d’eau dans les pays producteurs. Pour elle, la loi devrait cibler l’ensemble de la fast fashion, pas seulement ses versions les plus extrêmes. Le débat est loin d’être clos.

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