Économie
2CRSi face à l’attaque boursière le PDG reconnaît avoir mal communiqué
L’action du fabricant de serveurs 2CRSi a plongé de 43% après un rapport cinglant d’un vendeur à découvert. Lors d’un webinaire, son fondateur a tenté…


L’action du fabricant de serveurs 2CRSi a plongé de 43% après un rapport cinglant d’un vendeur à découvert. Lors d’un webinaire, son fondateur a tenté d’éteindre l’incendie en admettant des erreurs de communication.
Le jeudi 19 juin, l’action 2CRSi a dévissé en Bourse. En cause, les allégations du fonds spéculatif Grizzly Research, spécialiste des paris sur la baisse des titres. La société strasbourgeoise, qui conçoit des serveurs pour l’intelligence artificielle et le stockage de données, s’est retrouvée dans la ligne de mire. Le lendemain, son PDG Alain Wilmouth a organisé un webinaire pour répondre aux doutes. Il a commencé par un constat sans détour : cette attaque est le signe que l’entreprise n’a pas su bien se faire comprendre. « On a dû être pas si bon qu’on croyait l’être en termes de communication », a-t-il déclaré, présentant ce qu’il a lui-même appelé un « premier mea culpa ». Le patron estime que 2CRSi correspondait pourtant à tous les profils ciblés par ce genre de fonds, notamment parce que son action est la plus échangée sur le marché Euronext Growth, ce qui attire les gros investisseurs.
Pendant la séance de questions, Alain Wilmouth a tenu à rassurer sur les fondamentaux. Il a confirmé l’objectif de chiffre d’affaires pour l’exercice en cours : dépasser les 400 millions d’euros, un objectif relevé en mars dernier. Il a aussi réaffirmé l’ambition de franchir le milliard d’euros sans avoir besoin de lever des fonds sur le marché. Interrogé sur la fiabilité des comptes, il a précisé que la société est audité chaque année depuis 2010 par un commissaire aux comptes, sans aucun signalement. Quant au mystérieux Dr Joseph Church, évoqué dans le rapport de Grizzly Research, le PDG a expliqué qu’il s’agit d’un vétérinaire ayant revendu son cabinet pour investir dans le « cryptomining » via des serveurs achetés à 2CRSi. Pas de quoi justifier une attaque en règle, selon lui.
Un point chaud a concerné le contrat de 110 millions d’euros annoncé le 9 juin en Allemagne. Le patron a refusé de dévoiler le nom du client pour ne pas aiguiller la concurrence. Il a toutefois assuré que ce contrat était payé « cash in advance », c’est-à-dire intégralement réglé à la commande. Un modèle qui, selon lui, explique pourquoi la trésorerie de l’entreprise « n’a jamais été aussi bonne depuis son introduction en Bourse ». La cotation, suspendue jeudi, doit reprendre lundi matin. Grizzly Research, de son côté, aurait déjà engrangé 2 millions d’euros de profits sur cette opération. Mais Alain Wilmouth balaie l’attaque d’un revers de main : ce n’est qu’une « anecdote », même si elle a fait temporairement baisser la valeur des portefeuilles des actionnaires.
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