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Vivre avec la peur des drones à Moscou

Après une attaque ukrainienne massive qui a touché une raffinerie et un marché dans la banlieue de Moscou, la capitale russe découvre l’angoisse d’un…

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Vivre avec la peur des drones à Moscou

Après une attaque ukrainienne massive qui a touché une raffinerie et un marché dans la banlieue de Moscou, la capitale russe découvre l’angoisse d’un conflit qu’elle pensait lointain. Des habitants racontent leur nouvelle réalité faite d’insomnie et de résignation.

Olga ne dort plus. Cette comptable de 41 ans habite dans le quartier de Marino, à trois kilomètres de la raffinerie qui a brûlé jeudi. « L’anxiété ne part pas, j’en tremble », confie-t-elle, le visage fatigué. Pour la deuxième fois en une semaine, des drones ukrainiens ont contourné les défenses antiaériennes réputées les plus solides du pays. Un immense panache de fumée noire a recouvert le ciel pendant des heures. Une fillette de huit ans a perdu la vie, une quinzaine de personnes ont été blessées. Vendredi, le calme était revenu, mais l’inquiétude, elle, est restée.

Andreï Kondratiev, un vendeur de 47 ans, ne se fait plus d’illusions. « Il faut s’habituer », lâche-t-il, en insistant sur le fait que désormais, ce genre d’attaque peut arriver « partout » en Russie, même à Moscou. Antonina, une économiste de 65 ans, résume le sentiment général. Elle s’interroge sur la suite : comment tout cela va-t-il tourner, comment va se terminer toute cette pagaille. L’Ukraine a promis de multiplier ces frappes, en représailles aux bombardements russes qui détruisent ses villes chaque jour. Kiev vise en priorité les infrastructures pétrolières pour couper le robinet des hydrocarbures qui finance la guerre du Kremlin.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un avertissement clair après ces frappes. « Si l’Ukraine brûle, votre Moscou brûlera aussi », a-t-il déclaré, ajoutant que le peuple russe commence à sentir qu’un seul homme, Vladimir Poutine, mène cette guerre, tandis que les gens ordinaires en paient le prix. Le président russe n’a pas commenté l’attaque, il était à Kazan pour un sommet asiatique. De son côté, Moscou a menacé de nouvelles « frappes massives ». Mais pour les habitants de la capitale, le choc est déjà là. Leur vie paisible vient de prendre un tour plus angoissant, et l’idée que la guerre puisse désormais frapper leur porte s’installe peu à peu dans les esprits.

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