Économie
Vincent Bolloré face à la justice en décembre pour des faits liés à des concessions portuaires en Afrique
_**L’industriel français, figure majeure des médias et de la logistique, devra répondre devant le tribunal correctionnel de Paris de soupçons de corruption et d’abus de confiance au Togo et en Guinée.**_
L’audience est fixée du 7 au 17 décembre 2026. L’homme d’affaires, âgé de 73 ans, est poursuivi pour des faits remontant à la période 2009-2011. L’accusation porte notamment sur le rôle qu’aurait joué l’agence de communication Havas, alors filiale de son groupe, lors de campagnes électorales en Afrique. Les magistrats instructeurs estiment que des prestations de communication ont été facturées à un tarif anormalement bas pour la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé au Togo en 2010.
En contrepartie, le groupe Bolloré aurait, selon l’ordonnance de renvoi, bénéficié à partir de 2009 d’avantages substantiels pour l’exploitation du port de Lomé. Ces avantages incluraient une prolongation de la concession, des mesures fiscales favorables et l’autorisation de construire un nouvel équipement portuaire. Ces éléments sont qualifiés par la justice de corruption d’agent public étranger. Vincent Bolloré est également renvoyé pour complicité d’abus de confiance dans des dossiers similaires au Togo et en Guinée, ce dernier cas étant lié à la campagne d’Alpha Condé.
La défense de l’industriel a annoncé son intention de faire appel de cette ordnance pour des motifs de procédure. Ses avocats soutiennent que le droit à un procès équitable a été irrémédiablement affecté par le parcours judiciaire de l’affaire. En 2021, une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ayant abouti à une proposition d’amende, n’avait pas été validée par la magistrate instructrice, qui avait pourtant entériné dans le même temps une convention judiciaire d’intérêt public avec la société Bolloré.
D’autres anciens cadres du groupe sont également renvoyés devant le tribunal. L’avocat de l’un d’eux a fait savoir que son client contestait fermement les faits qui lui sont reprochés. À l’inverse, les conseils des parties civiles, dont des candidats opposés à Faure Gnassingbé en 2010 et des associations de lutte contre la corruption, se félicitent de la tenue prochaine de ce procès. Ils y voient l’aboutissement d’une longue procédure et l’occasion d’établir les responsabilités.
Parallèlement à cette affaire, une plainte distincte a été déposée en 2025 concernant la gestion passée de concessions portuaires dans plusieurs pays africains, visant cette fois également le successeur de Vincent Bolloré à la tête du groupe familial.
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