Faits Divers
Une grand-mère et sa fille condamnées pour l’abandon mortel de jumelles prématurées


Le verdict est tombé ce vendredi à Dijon. Deux femmes écopent de lourdes peines de prison après avoir délaissé deux nouveau-nés, dont un seul a survécu, dans des conditions dramatiques.
La cour d’assises de Côte-d’Or a rendu son jugement à l’issue d’une semaine d’audiences particulièrement éprouvantes. Une mère de 44 ans a été condamnée à dix années d’emprisonnement, tandis que sa fille, âgée de 26 ans, en écope six. Les faits remontent à la nuit du 23 mai 2020, lorsque la plus jeune, alors âgée de 20 ans, a mis au monde de manière extrêmement prématurée des jumelles à son domicile.
Les magistrats et les jurés ont retenu à leur encontre le chef d’accusation de privation de soins ayant entraîné la mort pour l’une des nourrissons et compromis la santé de l’autre. Ils ont en revanche écarté la qualification initiale de meurtre et tentative de meurtre. Les deux accusées, en larmes à l’annonce de la décision, ont regagné la maison d’arrêt en fin de journée.
Les débats ont mis en lumière une situation familiale marquée par la peur et l’emprise. Les jurés ont reconnu à la fille la circonstance atténuante d’avoir agi sous la crainte avérée de son père adoptif, un homme aux principes religieux stricts. En revanche, ils se sont montrés plus sévères à l’égard de la grand-mère, estimant qu’elle avait sciemment dissimulé l’existence des enfants aux secours et au personnel médical, évoquant uniquement une fausse couche.
Les réquisitions du parquet, qui demandait quinze ans pour l’aînée et six ans pour la cadette, ont donc été partiellement suivies. L’avocat général avait pointé la responsabilité principale de la mère, accusée d’avoir ordonné à sa fille de se débarrasser des nouveau-nés par honte et par crainte de perdre son compagnon, un individu violent ignorant la grossesse.
Les faits, tels qu’établis au cours du procès, sont d’une brutalité glaçante. Après la naissance, les deux nourrissons, pesant moins de 800 grammes chacun, ont été enveloppés dans des tissus puis déposés dans un sac. La grand-mère n’a alerté les secours qu’avec plus d’une heure de retard, malgré l’urgence vitale de la situation. Une seule des deux grandes prématurées a survécu.
La défense a plaidé l’absence d’intention homicide, arguant que le décès était imputable à l’extrême prématurité et qu’aucun acte de violence directe n’avait été constaté. L’avocate de la jeune mère a décrit une femme fragile et immature, dépendante de sa propre mère, et a qualifié le geste d’envelopper les bébés dans ses vêtements de geste d’amour dans un contexte de détresse absolue. Elle avait requis l’acquittement pour sa cliente.
Ce procès a, au-delà des faits, mis en lumière les mécanismes de l’emprise familiale et la détresse sociale dans laquelle peuvent se trouver certaines personnes face à des événements aussi bouleversants qu’une naissance non désirée et cachée.





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