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Un trésor inédit de Mozart sort de l’ombre à la BnF

Un cahier manuscrit de Mozart, contenant des leçons de composition et sept pièces pour flûte et harpe, vient d’être exhumé à Paris. Cette trouvaille…

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Un trésor inédit de Mozart sort de l’ombre à la BnF

Un cahier manuscrit de Mozart, contenant des leçons de composition et sept pièces pour flûte et harpe, vient d’être exhumé à Paris. Cette trouvaille, signée de la main du génie autrichien, sera jouée pour la première fois ce dimanche.

François-Pierre Goy, conservateur au département musique de la Bibliothèque nationale de France, ne s’attendait pas à ça. En ouvrant un petit cahier sans titre, parmi une vingtaine d’autres, il pensait juste faire du tri avant la retraite. Mais son œil a été attiré par des détails étranges des accolades à deux traits obliques, des clés de sol arrondies et inclinées, une clé de fa tracée à l’envers des habitudes françaises. Une intuition a germé et si c’était Mozart ? Le papier français, les estampilles identiques à celles d’une copie du Concerto pour flûte et harpe, tout concordait. L’expertise du Mozarteum de Salzbourg a confirmé ce que le cœur du conservateur espérait un manuscrit autographe de Wolfgang Amadeus Mozart, daté de 1778.

Ce cahier de quarante-quatre pages renferme une douzaine de leçons de composition que Mozart donnait à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes, duchesse et excellente harpiste. Son père, le duc de Guînes, était lui-même un flûtiste réputé. Pendant trois mois, de mai à juillet 1778, le maître et l’élève ont échangé idées et corrections. Les mains se mêlent dans des proportions variables, mais c’est toujours Mozart qui lance le jeu il écrit la partie de harpe, elle compose celle de flûte, puis ils inversent. Le document contient aussi sept morceaux pour flûte et harpe dont le dernier reste inachevé. Ce n’est pas un simple cahier d’exercices c’est la preuve vivante d’un dialogue pédagogique entre le jeune professeur et sa première élève connue en composition, comme le souligne le président de la BnF Gilles Pécout.

Pour les musiciens spécialistes de ces instruments, c’est une aubaine. Le répertoire pour flûte et harpe est assez maigre. Sept nouvelles partitions, c’est presque un miracle, s’enthousiasme Mathias Auclair, directeur du département musique. Dimanche, à l’occasion de la Fête de la musique, la flûtiste Mathilde Calderini et le harpiste Nicolas Tulliez, de l’Orchestre philharmonique de Radio France, interpréteront ces œuvres devant un public d’invités à la BnF. Le manuscrit original sera dévoilé ce jour-là et devrait rejoindre le musée de l’institution. Les morceaux, d’une vingtaine de minutes au total, ont déjà été enregistrés et seront diffusés lundi sur France Musique. Une découverte qui rappelle qu’auprès des plus grands, il reste parfois des pages inconnues à déchiffrer.

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