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Un sommet de crise au bord du lac de Lucerne

Les États-Unis et l’Iran scellent vendredi un premier accord en Suisse, une étape fragile pour stopper la guerre au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz…

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Un sommet de crise au bord du lac de Lucerne

Les États-Unis et l’Iran scellent vendredi un premier accord en Suisse, une étape fragile pour stopper la guerre au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, verrouillé depuis des mois, va rouvrir._

Ce n’est pas un hasard si la cérémonie de signature se déroule au Bürgenstock, une montagne qui domine le lac de Lucerne. Le site est difficile d’accès et facile à sécuriser. Les médiateurs pakistanais et qatariens ont proposé ce lieu discret, au cœur de la Suisse. Les délégations américaine et iranienne s’y retrouveront pour parapher un texte d’une page et demie, encore très général selon le vice-président américain JD Vance. Le contenu sera rendu public dans les prochains jours. L’objectif est simple : ouvrir la voie à deux mois de négociations intensives pour tenter de mettre fin à un conflit qui a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Le premier geste concret, c’est la levée du blocus américain sur les ports iraniens. Une décision prise en parallèle de la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial du pétrole. L’Iran avait fermé ce détroit fin février, en représailles aux sanctions américaines. Depuis, le trafic maritime était paralysé et les prix du brut flambaient. Aujourd’hui, le baril de Brent repasse sous les 80 dollars, signe que les marchés respirent. Mais tout n’est pas réglé. Téhéran veut désormais facturer des frais de passage aux navires, alors que Washington exige que le transit reste gratuit. Une pomme de discorde qui promet des discussions tendues.

Les vrais sujets de fond arrivent dans les soixante jours à venir. Le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines sont au cœur des divergences. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rappelé que son pays garde en mémoire les promesses non tenues par le passé. Il insiste aussi sur la nécessité d’arrêter la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah. Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déjà prévenu que ses troupes resteront au Liban, en Syrie et à Gaza aussi longtemps qu’il le faudra. L’accord américano-iranien laisse un goût amer à Tel‑Aviv. À Téhéran, certains habitants espèrent une embellie économique si les sanctions sont vraiment levées. Mais le scepticisme reste de mise, comme le résume un jeune vendeur de 18 ans : « si les Américains tiennent parole et ne reviennent pas sur leurs promesses, comme d’habitude ».

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