Monde
Cuba un opposant violenté lors de sa détention le régime sous pression
Manuel Cuesta Morua, président d’un collectif d’opposition cubain, affirme avoir été frappé et menacé de mort pendant son arrestation samedi. Son…


Manuel Cuesta Morua, président d’un collectif d’opposition cubain, affirme avoir été frappé et menacé de mort pendant son arrestation samedi. Son organisation dénonce une détention arbitraire et des méthodes brutales, dans un pays secoué par une grave crise économique.
Manuel Cuesta Morua n’avait pas connu ça depuis longtemps. Samedi, cet opposant de longue date a été arrêté alors qu’il se rendait à une convocation de la police. Mais au lieu d’être conduit dans un commissariat ou une prison, il a été emmené dans une zone isolée de la province d’Artemisa, à plusieurs dizaines de kilomètres de La Havane. Là, des agents de la Sécurité de l’État l’auraient frappé et menacé de mort. Relâché quelques heures plus tard, il a confié que c’était la première fois depuis des années que son arrestation s’accompagnait d’une telle violence. Pour lui, cette brutalité montre que les autorités craignent une explosion sociale.
Derrière cette interpellation, il y a une date qui fait peur au pouvoir cubain. Le 11 juillet prochain marquera le cinquième anniversaire des plus grandes manifestations antigouvernementales depuis la révolution de 1959. En 2021, des milliers de Cubains étaient descendus dans la rue pour dénoncer la pénurie, la répression et le manque de libertés. Les affrontements avaient fait un mort, des dizaines de blessés, et près d’un millier d’arrestations. Aujourd’hui, des dizaines de manifestants restent emprisonnés, certains condamnés à des peines allant jusqu’à 25 ans de réclusion. Le collectif de Cuesta Morua accuse les autorités de l’avoir arrêté pour l’empêcher d’appeler les citoyens à manifester à nouveau.
La tension est d’autant plus vive que la situation économique ne cesse de se dégrader. Depuis plusieurs mois, l’île de 9,6 millions d’habitants subit une grave pénurie de carburant, qui aggrave une crise énergétique déjà profonde. À La Havane comme en province, les habitants n’ont plus que quelques heures d’électricité par jour, parfois aucune pendant plusieurs jours d’affilée. Pour exprimer leur colère, beaucoup ont pris l’habitude de taper sur des casseroles ou de mettre le feu aux ordures qui s’entassent dans les rues. Jeudi, le gouvernement a tenté de calmer le jeu en adoptant un ensemble de mesures inédites pour ouvrir l’économie au marché. Mais pour une partie de la population, ces réformes arrivent trop tard et ne répondent pas à l’urgence du quotidien.
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