Société
Un simple commentaire sur Facebook lui vaut 18 mois de prison en Thaïlande
Au pays du sourire, critiquer le roi se paie au prix fort. Un quadragénaire thaïlandais a écopé d’un an et demi de prison pour un message posté sur un…


Au pays du sourire, critiquer le roi se paie au prix fort. Un quadragénaire thaïlandais a écopé d’un an et demi de prison pour un message posté sur un groupe Facebook privé.
Ce jour-là, il a écrit un commentaire dans un groupe baptisé « Royalist Marketplace ». Un espace en ligne qui réunit plus de 2,2 millions de membres. Et ce simple geste lui a valu une condamnation à 18 mois de prison pour diffamation envers la monarchie. Le tribunal l’avait d’abord condamné à trois ans, mais sa peine a été réduite de moitié après qu’il a reconnu les faits. L’homme de 43 ans, dont l’identité n’a pas été divulguée, a été libéré sous caution en attendant son appel. Il a dû verser 100 000 bahts, soit environ 2 700 euros, pour rester libre pendant la procédure.
La Thaïlande applique l’une des lois les plus strictes au monde en matière de protection de la royauté. L’article 112 du code pénal interdit toute critique du roi, de la reine, de l’héritier ou de la régente. Les peines peuvent aller jusqu’à 15 ans de prison par infraction. Ce groupe Facebook, créé par l’universitaire exilé Pavin Chachavalpongpun, se voulait un rare lieu de discussion sur la monarchie dans un pays où le sujet reste tabou. Il est devenu particulièrement actif après les grandes manifestations de 2020 et 2021, quand des milliers de Thaïlandais ont réclamé des réformes du système royal.
Ce mouvement de contestation a progressivement perdu de son élan. Mais ses conséquences judiciaires, elles, continuent de s’abattre. Selon l’organisation Thai Lawyers for Human Rights, près de 300 personnes ont été poursuivies depuis 2020 en vertu de cette loi sur l’outrage à la royauté. De nombreux militants, étudiants ou simples citoyens se retrouvent derrière les barreaux pour avoir osé exprimer une opinion. De plus en plus de voix dénoncent cet article 112 comme un outil politique pour étouffer la dissidence et réduire au silence les opposants. Le cas de ce quadragénaire montre qu’il suffit parfois d’un seul commentaire pour basculer dans la case prison pendant un an et demi.
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