Économie
Un pétrolier suspect de la « flotte fantôme » russe convoyé vers Marseille


Un navire-citerne présumé contourner les sanctions occidentales a été escorté par la Marine nationale jusqu’au large de Fos-sur-Mer, où il est désormais maintenu à la disposition de la justice.
Le Deyna, un pétrolier de deux cent cinquante mètres, a été pris en charge par les autorités françaises en Méditerranée occidentale. Le bâtiment, qui arbore le pavillon du Mozambique, a été intercepté au sud des îles Baléares alors qu’il faisait route depuis le port russe de Mourmansk. Après avoir été dérouté, il a atteint lundi matin une zone de mouillage au large du terminal pétrolier de Marseille-Fos.
Une opération héliportée a permis à des militaires français de monter à bord vendredi dernier. L’intervention, menée en coordination avec des partenaires dont le Royaume-Uni, visait à vérifier la régularité du pavillon du navire. Les investigations ont conduit les autorités à signaler l’affaire au parquet de Marseille, qui a ouvert une enquête préliminaire. Le pétrolier est désormais sous surveillance permanente.
Cette saisie s’inscrit dans une série d’actions destinées à entraver les circuits d’exportation d’hydrocarbures russes susceptibles de violer les sanctions européennes. Une flotte dite « fantôme », composée de centaines de navires, est régulièrement pointée du doigt pour permettre à Moscou de poursuivre ses ventes de pétrole malgré les restrictions liées au conflit en Ukraine. Le gouvernement français a réaffirmé sa détermination à ne pas tolérer ces pratiques.
Il s’agit du troisième bâtiment de ce type intercepté par la France en quelques mois. Début janvier, le pétrolier Grinch avait été immobilisé près du même port avant de repartir après le versement d’une amende conséquente. En septembre dernier, un premier navire, le Boracay, avait été arraisonné au large de la Bretagne et conduit à Saint-Nazaire. Son capitaine fait l’objet de poursuites judiciaires à Brest.
L’Union européenne a sanctionné près de six cents navires soupçonnés d’appartenir à ce réseau parallèle. Les zones maritime et aérienne autour du Deyna ont été restreintes par les préfectures concernées pendant que la procédure judiciaire suit son cours.





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