Économie
Un monde sans inégalités en 2100 Thomas Piketty dévoile son plan et ça fait débat
Le célèbre économiste imagine un avenir où tous les pays auraient le même revenu par habitant et où les écarts de richesse seraient réduits à peau de…


Le célèbre économiste imagine un avenir où tous les pays auraient le même revenu par habitant et où les écarts de richesse seraient réduits à peau de chagrin. Mais son scénario utopique soulève de sérieuses questions chez d’autres experts.
Thomas Piketty aime voir grand. Dans son dernier rapport pour le World Inequality Lab, il décrit le monde tel qu’il pourrait être en 2100. Un monde où le PIB par tête serait identique dans tous les pays. Où, à l’intérieur de chaque pays, les revenus les plus hauts ne dépasseraient que cinq fois les plus bas. Et où la fortune maximale ne serait que dix fois supérieure à la plus petite. Le tout avec un réchauffement climatique limité à 1,8°C. Pour y parvenir, l’économiste mise sur trois leviers. D’abord, une taxation annuelle des plus gros patrimoines dès 2026, avec des taux allant de 5% pour les déci-millionnaires à 20% pour les milliardaires. Ensuite, un fonds mondial pour financer la décarbonation rapide. Enfin, un changement radical des habitudes de consommation, qui se tourneraient massivement vers des services moins gourmands en énergie comme la santé et l’éducation.
Mais ce tableau idyllique n’a pas convaincu tout le monde. Alain Trannoy, économiste et directeur d’études à l’EHESS, pointe plusieurs failles. La première est que le rapport ne dit rien sur l’évolution de la population mondiale, un élément pourtant clé pour projeter l’économie. La deuxième concerne les chiffres de départ. En comparant les données du rapport avec celles du FMI, Trannoy montre que le niveau de vie des États-Unis et de l’Europe du Nord chuterait dans le scénario de Piketty, et non pas stagner ou augmenter légèrement. La troisième critique porte sur la méthode utilisée pour modéliser l’économie et le climat. Au lieu d’un modèle sophistiqué avec des boucles de rétroaction, l’équipe de Piketty a utilisé un outil datant des années 1950, trop simple pour intégrer les effets massifs des redistributions qu’elle imagine.
Un exemple concret fait réfléchir. Si l’on taxe chaque année 20% du patrimoine d’Elon Musk, celui-ci vendrait probablement ses actions et quitterait la direction de ses entreprises. Leur valeur s’effondrerait, provoquant un krach dans tout le secteur technologique. La taxe détruirait alors la richesse qu’elle est censée prélever. Piketty le reconnaît lui-même ce genre de scénario est une utopie. Mais peut-être que pour réduire les inégalités et le réchauffement, il faut commencer par de petits pas. Récemment, une coalition de pays représentant 40% des émissions mondiales s’est engagée à mieux coordonner leurs marchés du carbone. Une avancée modeste, mais concrète, pour aller vers une transition plus juste et efficace.
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22 juin 2026 at 9 h 48 min
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