Économie
Un million de fonctionnaires vont utiliser un ChatGPT sécurisé
Après des tests réussis auprès de 10 000 agents, le gouvernement élargit l’accès à son assistant IA à un million d’agents de l’État. L’outil, conçu avec…

Après des tests réussis auprès de 10 000 agents, le gouvernement élargit l’accès à son assistant IA à un million d’agents de l’État. L’outil, conçu avec la start-up française Mistral, doit sécuriser les données tout en automatisant les tâches répétitives.
Ce n’est pas un simple gadget technologique. Le ministère de l’Action et des Comptes publics vient d’annoncer la généralisation d’un assistant conversationnel pour environ un million d’agents de la fonction publique d’État. Baptisé sobrement « l’Assistant », cet outil d’intelligence artificielle générative fonctionne comme ChatGPT mais en version souveraine et sécurisée. Il permet de faire de la recherche documentaire, de la synthèse, de l’analyse et des résumés. L’objectif est clair : aider les fonctionnaires dans leur quotidien tout en limitant le recours à des outils non officiels, jugés plus risqués pour la sécurité des données.
Le déploiement s’appuie sur les modèles de l’entreprise française Mistral AI. Son coût est estimé à 700 000 euros, un montant modeste au regard du nombre d’utilisateurs visés. Concrètement, l’assistant devrait fluidifier certaines procédures judiciaires ou encore assister les enseignants-chercheurs dans leurs appels à projets. Mais cette annonce ne fait pas l’unanimité. Les syndicats, comme l’Unsa ou la CGT, réclament des garanties. Ils veulent que l’humain reste au cœur du processus et redoutent des suppressions de postes déguisées. Une négociation sociale est lancée cette semaine avec les organisations syndicales pour encadrer l’usage de l’IA dans la fonction publique.
Ce n’est pas la seule avancée présentée. Le gouvernement va aussi généraliser dès juin un outil de traduction différé appelé « Diplo IA », capable de traiter une soixantaine de langues. Par ailleurs, une nouvelle expérimentation est prévue dans certaines maisons France Services pour doter les téléconseillers d’un assistant IA générative. Ce projet fait suite à l’échec d’Albert, un précédent outil maison qui n’avait pas convaincu. Pour éviter les erreurs du passé, le ministre insiste sur la réversibilité de la technologie. Si l’entreprise Mistral ne respectait plus les conditions fixées, le gouvernement pourrait se tourner vers un autre fournisseur. En parallèle, des formations à l’IA seront intégrées dans les écoles du service public, de l’INSP à l’Inet. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a également annoncé un investissement supplémentaire de 655 millions d’euros dans le développement de l’IA, avant le salon VivaTech. L’objectif est clair : faire de la France un acteur souverain de l’intelligence artificielle, tout en protégeant les données des citoyens et des agents.
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