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Un message raciste au cœur de l’enquête sur l’assassinat d’Hichem Miraoui
Les investigations sur la mort du Tunisien de 46 ans, abattu dans le Var en mai 2025, ont pris une nouvelle dimension avec la découverte d’un enregistrement accablant. Le principal suspect aurait laissé un message vocal empreint de haine raciale immédiatement après les faits.
Un élément de preuve d’une particulière gravité a été versé au dossier judiciaire. Il s’agit d’un message vocal laissé par Christophe B., le principal suspect, sur le répondeur d’un proche dans les instants ayant suivi les violences. On y entend distinctement l’homme, âgé de 54 ans, prononcer des propos explicitement racistes et revendiquer son acte. Cet enregistrement, dont l’authenticité a été établie, contredit frontalement la ligne de défense de l’intéressé, qui nie toute motivation raciste.
L’individu, en détention provisoire et mis en examen pour assassinat et cinq tentatives d’assassinat à caractère raciste, est poursuivi par le Parquet national antiterroriste. Cette saisine exceptionnelle fait suite à l’analyse de ses publications sur les réseaux sociaux, avant et après les événements du 31 mai 2025 à Puget-sur-Argens. Ces écrits, appelant à la violence contre certaines communautés, avaient été jugés de nature à inspirer la terreur et à troubler l’ordre public.
Les victimes désignées ce soir-là étaient toutes originaires de pays étrangers. Outre Hichem Miraoui, tué de douze balles, un homme kurde et trois membres d’une famille ivoirienne ont été pris pour cible. L’avocat des parties civiles kurdes rejette catégoriquement la thèse d’un simple conflit de voisinage, invoquée par le mis en cause. Pour lui, le message vocal constitue la preuve manifeste de l’état d’esprit qui animait l’auteur au moment des faits.
Lors de ses auditions, Christophe B., qui vivait de petits emplois dans la restauration, a évoqué des tensions locales et son état d’ébriété pour tenter d’expliquer son passage à l’acte. Il affirme aujourd’hui regretter ses gestes et ne plus se souvenir de tous les détails. Les enquêteurs relèvent cependant des contradictions dans ses déclarations, notamment lorsqu’il affirme avoir visé des personnes qui l’auraient importuné, tout en reconnaissant à peine connaître certaines des victimes.
L’homme était en possession d’un arsenal légal conséquent, comprenant quatre armes à feu et plus d’un millier de cartouches, lorsqu’il a été interpellé. Il a précisé aux enquêteurs ne pas avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre venues l’arrêter, arguant ne pas pouvoir tirer sur des « compatriotes ». Cette distinction, soulignée par les magistrats, interroge sur sa perception de ceux qui ne relèveraient pas de cette catégorie.
Les avocats des familles des victimes estiment que les propos tenus dans le message vocal constituent une agression supplémentaire pour leurs clients. Ils soulignent le caractère historiquement chargé et déshumanisant du vocabulaire employé, qui éclaire selon eux les motivations profondes de l’auteur. La justice devra désormais apprécier le poids de cet élément dans l’instruction en cours.
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