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Un mémorial en bronze pour une résistance oubliée à Berlin

Un nouveau monument vient d’être inauguré dans le parc du Tiergarten à Berlin. Il rend hommage aux Témoins de Jéhovah persécutés par les nazis une…

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Un mémorial en bronze pour une résistance oubliée à Berlin

Un nouveau monument vient d’être inauguré dans le parc du Tiergarten à Berlin. Il rend hommage aux Témoins de Jéhovah persécutés par les nazis une communauté longtemps ignorée malgré sa résistance collective.

Un tronc d’arbre de cinq mètres de haut, l’écorce en bronze, se dresse désormais au cœur de la capitale allemande. Ce mémorial est le cinquième du genre à Berlin, après ceux dédiés aux Juifs, aux homosexuels, aux Sintis et Roms, et aux personnes handicapées assassinées par le programme d’euthanasie nazi. Des centaines de personnes ont assisté à la cérémonie, certaines portant une fleur violette épinglée sur leurs vêtements. Ce violet rappelle le signe distinctif que les Témoins de Jéhovah étaient obligés de coudre sur leurs uniformes dans les camps de concentration.

Dans les années 1930, cette communauté religieuse comptait environ 25 000 membres en Allemagne. Dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, elle a été interdite. Ses fidèles refusaient le salut hitlérien, le serment au Führer et l’engagement dans l’armée ou les organisations nazies. L’historien Wolfgang Benz, spécialiste du nazisme, explique que cette résistance était totale et fondée sur leur foi. Résultat des persécutions massives 14 000 membres furent pris pour cible, 4 200 déportés dans des camps et 1 700 assassinés. Pourtant, pendant des décennies après la guerre, leur histoire est restée dans l’ombre. En RDA communiste, ils furent également interdits une communauté jugée trop fermée et trop liée aux États-Unis.

Julia Klöckner, la présidente du Bundestag, a rappelé dans son discours que ce monument est un acte de reconnaissance nécessaire. Elle a aussi lancé un avertissement face à la montée de l’extrême droite en Allemagne. Le parti AfD, qui appelle à tourner la page de la repentance, voit dans ces mémoriaux des « symboles de honte ». Mais pour Cecilia Yankey, une fidèle récemment convertie, ce geste est essentiel alors que la société allemande glisse vers la droite. L’historien Benz, lui, met en garde contre une simple accumulation de pierres. L’enjeu, dit-il, est de transmettre la connaissance et non de multiplier les monuments dans l’autosatisfaction.

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