Faits Divers
Toute ingérence dans le détroit d’Ormuz pourrait embraser la région, prévient l’Iran
Alors que les hostilités reprennent entre Téhéran et Washington, le chef de la diplomatie iranienne prévient que toute main étrangère sur cette voie…


Alors que les hostilités reprennent entre Téhéran et Washington, le chef de la diplomatie iranienne prévient que toute main étrangère sur cette voie maritime ne ferait qu’attiser les tensions. Un conflit qui menace le commerce mondial et s’étend déjà au-delà du golfe Persique.
Le détroit d’Ormuz est un goulot d’étranglement stratégique. Large d’une trentaine de kilomètres, il voit passer 20% du pétrole mondial. Depuis le 28 février, une guerre oppose l’Iran à Israël et aux États-Unis. Le 17 juin, un accord avait rouvert un seul couloir de navigation le long des côtes iraniennes. Mais les hostilités viennent de reprendre. Jeudi, une voie alternative présentée comme une initiative de l’ONU a été annoncée. Peu après, un cargo a été touché par un projectile d’origine inconnue en dehors de ce cadre. Washington a accusé Téhéran et a frappé le sol iranien. L’Iran a répliqué contre des positions américaines à Bahreïn. Le schéma s’est répété samedi avec un pétrolier, puis de nouvelles frappes et représailles.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a été clair lors d’une visite à Bagdad. Il a rappelé que, selon l’accord du 17 juin, seule l’Iran est responsable de la gestion du détroit. « Aucune autre institution ni aucun autre pays » n’a ce rôle, a-t-il martelé. Toute ingérence, a-t-il prévenu, « conduira à des retards dans la réouverture et augmentera les tensions », comme on l’a vu ces deux dernières nuits. Les Gardiens de la Révolution ont renchéri en annonçant des mesures renforcées. « Les navires contrevenants seront traités avec une fermeté accrue », ont-ils déclaré. Téhéran condamne les frappes américaines contre ses installations de surveillance sur la côte sud, et assure être déterminé à défendre sa souveraineté. Le Koweït a de son côté dénoncé les « agressions haineuses » de l’Iran, tandis que Bahreïn dit avoir intercepté des projectiles iraniens « perfides ».
Araghchi a aussi appelé à un cadre de sécurité régional, sans présence ni ingérence extérieure. Le conflit ne se limite pas au Golfe. Au Liban, les frappes israéliennes continuent malgré un accord-cadre de paix signé vendredi à Washington. Le Hezbollah, allié de l’Iran, rejette cet accord « humiliant et honteux ». Son chef Naïm Qassem accuse les autorités libanaises de légitimer l’occupation israélienne. Un député chiite a même mis en garde contre un risque de « conflit interne ». Pendant ce temps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se félicite d’un « coup porté à l’Iran et au Hezbollah ». Le Liban, entraîné dans la guerre en mars après une attaque du Hezbollah contre Israël en soutien à Téhéran, reste sous pression. La question du désarmement du Hezbollah et du retrait israélien reste en suspens, et l’avenir de la région semble plus incertain que jamais.
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