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Paris sous les toits en zinc bientôt invivable ?

Avec les canicules à répétition, les logements sous les toits parisiens deviennent des fournaises. Mais rénover ces centaines de milliers de toits sans…

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Paris sous les toits en zinc bientôt invivable ?

Avec les canicules à répétition, les logements sous les toits parisiens deviennent des fournaises. Mais rénover ces centaines de milliers de toits sans défigurer le patrimoine est un véritable défi.

À Paris, vivre sous les toits a longtemps été un rêve romantique. Aujourd’hui, c’est un enfer thermique. Les célèbres toits en zinc, qui couvrent près de 80% des immeubles de la capitale, peuvent atteindre 80°C au soleil. La chaleur descend directement dans les combles, et les appartements mansardés se transforment en étuves. Ana, enceinte, habite au cinquième étage dans le XIXe arrondissement. Malgré les ventilateurs et les couvertures de survie aux fenêtres, elle redoute la prochaine vague de chaleur pour son bébé à naître. Son logement a beau être isolé pour l’hiver, l’été reste une torture.

Le problème est historique. Au XIXe siècle, le zinc a permis de créer des milliers de logements sous les toits pour loger les domestiques. À l’époque, le froid était l’ennemi. Aujourd’hui, le réchauffement climatique inverse la donne. La canicule mortelle de 2003 l’a montré des personnes âgées piégées dans leurs mansardes. Selon les experts, Paris pourrait connaître des pics à 50°C d’ici 2050. Mais comment isoler et rafraîchir ces toits sans toucher à un paysage classé ? 94% des bâtiments parisiens sont protégés. Changer l’esthétique des toits, c’est toucher à un symbole, décor de films comme *Les Aristochats*. Ceux qui vivent sous les toits peinent à se faire entendre, dénonce un collectif de défense des derniers étages.

La solution la plus prometteuse s’appelle le “sarking”. Cette technique consiste à enlever le zinc, ajouter une épaisse couche isolante puis reposer la couverture. Elle préserve l’apparence extérieure et le savoir-faire des zingueurs, reconnu par l’Unesco. Certains habitants témoignent de 4 degrés gagnés dans leur appartement. Mais cette méthode a ses limites. Pour être vraiment efficace au-delà de 40°C, il faudrait jusqu’à 50 cm d’isolant, ce qui ferait gonfler le toit et disparaître les lucarnes. Les architectes du patrimoine peinent à intégrer plus de 30 cm côté rue. La climatisation devient alors une option, mais elle est coûteuse et énergivore. Face à l’urgence, certains experts redoutent que des logements sous les combles ne deviennent tout simplement inhabitables, comme des zones menacées par la montée des eaux. Faudra-t-il un jour évacuer les derniers étages parisiens ?

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