Faits Divers
Ils ont tout perdu mais s’entraident sous une tente
Transformé en refuge de fortune, un stade vénézuélien accueille des centaines de sinistrés après les puissants séismes. Entre recherche désespérée de…


Transformé en refuge de fortune, un stade vénézuélien accueille des centaines de sinistrés après les puissants séismes. Entre recherche désespérée de vêtements et organisation collective, la solidarité permet de tenir.
Sur la pelouse du stade José María Vargas, à La Guaira, des dizaines de personnes fouillent des tas de vêtements. Ici, chaque paire de chaussures ou chaque chemise propre est une petite victoire. Le 7,2 et le 7,5 sur l’échelle de Richter ont frappé en moins d’une minute mercredi soir. Le bilan provisoire est terrible: près de 1 430 morts et plus de 50 000 disparus. La Guaira, État côtier voisin de Caracas, est la zone la plus dévastée. Les répliques, plus de 300 déjà, continuent de faire trembler. Alors le stade, avec ses structures solides et son espace à ciel ouvert, est devenu un abri pour ceux qui ont fui leurs maisons fissurées ou écroulées.
Yosey Escalona raconte avoir dû quitter son logement car les murs s’étaient décollés des piliers. « C’est comme si Dieu vous donnait une seconde chance de vivre », confie-t-elle. Sous d’immenses tentes, elle coordonne désormais 46 personnes venues de différents quartiers. Chaque groupe peut compter jusqu’à 50 réfugiés. Des bidons d’eau, des produits d’hygiène, de la nourriture sont stockés. Les habitants ont désigné des responsables pour distribuer les provisions et maintenir l’ordre. L’ambiance est grave mais organisée. « Ici, nous sommes prêts à cent pour cent à nous entraider », assure Escalona.
Malgré la tristesse, un élan de solidarité impressionnant se met en place. Carlos Marcano, un docker qui a aussi perdu sa maison près du littoral, témoigne : « La solidarité qui règne en ce moment est impressionnante. » Des files d’attente se forment pour recevoir de la nourriture. Pedro Colmenares et ses collègues ont apporté 500 pains et des boissons. « Tout le peuple est uni. Nous nous embrassons dans un élan de fraternité », dit-il. Mais le drame est loin d’être fini. L’hôpital Pariata a pris en charge plus de 400 blessés en 48 heures. Une fois soignés, beaucoup n’ont nulle part où aller. Ils sont renvoyés vers le stade. La chirurgienne Geraldyne Franco s’inquiète : « Ils n’ont nulle part où aller, car ils ont perdu leurs maisons, ils ont tout perdu. » Le refuge devient alors leur seul point d’ancrage.
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