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En Ouganda, l’armée réduit au silence les médias indépendants

Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, a ordonné la fermeture du principal groupe de médias indépendant du pays. Soldats en faction, chaînes…

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En Ouganda, l'armée réduit au silence les médias indépendants

Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, a ordonné la fermeture du principal groupe de médias indépendant du pays. Soldats en faction, chaînes de télévision et radios contraintes de cesser d’émettre, journaux bloqués la liberté de la presse vole en éclats.

C’est une annonce brutale tombée dans la nuit de samedi à dimanche sur le compte X du général Muhoozi Kainerugaba. Fils du président Yoweri Museveni, il écrit sans détour “NTV et Monitor sont fermés à partir d’aujourd’hui”. Il ajoute “En Ouganda, je ne crois PAS à la liberté de la presse”. Dans la foulée, des soldats prennent position devant les locaux du Daily Monitor et de NTV Uganda à Kampala. Les employés reçoivent l’ordre de quitter les lieux. Personne ne peut entrer ni sortir. Les antennes cessent d’émettre aux premières heures du jour.

Ce n’est pas un incident isolé. Muhoozi Kainerugaba ne cache pas ses ambitions. Depuis plusieurs mois, il multiplie les arrestations de responsables politiques et de militants. Aujourd’hui, il s’attaque directement aux médias. Il affirme que son père, au pouvoir depuis 1986 et réélu en janvier pour un septième mandat, a approuvé son plan. Pour beaucoup d’observateurs, le général se positionne clairement pour succéder à son père. En fermant des journaux comme le Daily Monitor, il élimine une voix critique qui l’avait déjà gêné par le passé.

Le groupe Nation Media Group, qui possède également des radios comme Dembe FM et KFM, se retrouve totalement paralysé. Les journalistes sur place racontent une situation de siège. Les chaînes de télévision affichent “vidéo indisponible”. La presse indépendante ougandaise, pourtant habituée aux pressions, n’avait jamais connu une telle escalade. En 2013, le Daily Monitor avait déjà été suspendu treize jours après avoir révélé un présumé complot visant à préparer la succession du père par le fils. Aujourd’hui, c’est l’armée elle-même qui verrouille l’information. L’Ouganda occupe la 143e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse. Ce nouveau coup de force risque de le faire chuter encore plus bas.

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