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Économie

Stellantis dévoile un plan d’investissement colossal de 60 milliards d’euros sur cinq ans

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Le groupe automobile italo-franco-américain a présenté ce jeudi une feuille de route ambitieuse visant à redresser ses comptes et à renforcer sa compétitivité, en misant sur quatre marques phares et une rationalisation drastique de ses capacités industrielles en Europe.

Le constructeur Stellantis a officialisé un vaste programme stratégique doté de 60 milliards d’euros sur cinq ans, destiné à stimuler sa croissance et sa rentabilité. Ce plan donne la priorité à Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, quatre marques appelées à jouer un rôle moteur à l’échelle mondiale. Parallèlement, le groupe prévoit de réduire ses capacités de production sur le Vieux Continent et de s’appuyer sur ses alliances nouées avec les constructeurs chinois Leapmotor et Dongfeng. L’annonce a toutefois été accueillie fraîchement par les marchés, le titre ayant chuté de plus de 6% avant que sa cotation ne soit temporairement suspendue.

Antonio Filosa, directeur général du groupe, a précisé dans un communiqué que cet effort financier vise à proposer des véhicules à des prix abordables tout en rationalisant les coûts, après des pertes significatives enregistrées en 2025. L’objectif est de réduire les dépenses annuelles de six milliards d’euros d’ici 2028 par rapport au niveau de 2025. Dans cette optique, Stellantis entend diminuer de plus de 800 000 unités sa capacité de production annuelle en Europe d’ici 2030, soit une contraction d’environ 20% par rapport aux quatre millions d’unités actuelles. Cette réduction sera réalisée par la reconversion de certains sites, comme celui de Poissy en France, et par le développement de partenariats industriels à Madrid, Saragosse et Rennes, tout en s’efforçant de préserver les emplois. Le groupe vise ainsi un taux d’utilisation de ses usines européennes de 80% en 2030, contre 60% aujourd’hui.

En Europe élargie, incluant le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège, Stellantis ambitionne une croissance de 15% de son chiffre d’affaires et une marge opérationnelle comprise entre 3 et 5%, notamment grâce au lancement de petites voitures électriques à bas coût. De l’autre côté de l’Atlantique, le constructeur mise sur une hausse de 25% de ses revenus et une marge de 8 à 10%, avec une progression de 35% des volumes de vente aux États-Unis. Sept nouveaux modèles y seront proposés à moins de 40 000 dollars, dont deux à moins de 30 000 dollars. Sur les 36 milliards d’euros consacrés aux marques et aux produits, 60% seront alloués à l’Amérique du Nord.

Le groupe entend également accélérer le rythme de ses lancements, avec un objectif de 24 mois entre la conception et la commercialisation, contre jusqu’à 40 mois auparavant. La production sera rationalisée autour de trois plateformes technologiques, dont la nouvelle STLA One, qui devrait représenter 50% des volumes mondiaux d’ici 2030. Parmi les 24 milliards d’euros dédiés aux technologies mondiales, les investissements permettront le lancement de plus de 60 nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs, répartis entre 29 modèles 100% électriques, 15 hybrides rechargeables ou à autonomie étendue, 24 hybrides et 39 motorisations thermiques ou hybrides légères.

Cinq marques, à savoir Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo, conserveront un statut régional, tandis que DS Automobiles et Lancia seront pilotées respectivement par Citroën et Fiat, avec une vocation de spécialité. Stellantis prévoit aussi d’uniformiser l’architecture logicielle et électronique de ses véhicules, ainsi que les systèmes d’interaction et de conduite autonome. Dès 2030, 35% des volumes mondiaux seront équipés de ces technologies, une part qui devrait dépasser 70% à l’horizon 2035.

Sur le plan des partenariats, Stellantis et Leapmotor uniront leurs forces dans les achats. L’accord prévoit que Leapmotor fabriquera deux de ses modèles dans les usines de Madrid et Saragosse, cette dernière pouvant être cédée à leur coentreprise. Avec Dongfeng, le groupe produira en Chine deux Peugeot et deux Jeep destinés aux marchés chinois et internationaux, tout en distribuant des modèles Dongfeng en Europe. L’usine de Rennes accueillera également la fabrication de véhicules Dongfeng. Enfin, Stellantis s’associe à Tata Motors et Jaguar Land Rover pour développer des produits et technologies aux États-Unis, et collabore avec Applied Intuition, Qualcomm, Wayve, Nvidia, Uber, Mistral AI et CATL dans les domaines des logiciels, de l’assistance à la conduite, des batteries et de l’intelligence artificielle.

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