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Deepfakes pornos : Washington oblige les géants du numérique à agir sous 48 heures

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La législation américaine criminalisant la diffusion d’images intimes générées par intelligence artificielle entre en vigueur. Les plateformes doivent désormais retirer ces contenus sous peine de sanctions.

Le dispositif législatif fédéral, promulgué en mai 2025 par le président Donald Trump, impose aux réseaux sociaux et aux sites hébergeurs de mettre en place un mécanisme de signalement pour les victimes de deepfakes à caractère sexuel. La Federal Trade Commission a précisé que les entreprises concernées disposent d’un délai de quarante-huit heures pour supprimer ces contenus une fois la demande reçue, sous peine de poursuites.

Andrew Ferguson, président de l’autorité de régulation, a indiqué avoir adressé des courriers à une quinzaine de grandes entreprises technologiques, parmi lesquelles Meta, TikTok, X et Snapchat. Il a assuré que son institution se tenait prête à surveiller l’application de la loi et à sanctionner les manquements. La protection des mineurs figure au premier rang des priorités affichées par l’administration.

La plateforme X a réagi en rappelant sa politique de tolérance zéro à l’égard des images intimes diffusées sans consentement. Elle affirme ne laisser aucun espace aux comportements prédateurs et aux contenus sexuels non sollicités.

Cette régulation intervient dans un contexte de scandale autour de l’outil d’intelligence artificielle Grok, développé par le groupe d’Elon Musk. Des travaux de recherche ont estimé que ce logiciel avait produit près de trois millions d’images sexualisées en l’espace de quelques jours, ciblant des femmes et des mineurs sans leur accord.

Le texte suscite toutefois des réserves parmi les spécialistes des droits numériques. Riana Pfefferkorn, chercheuse à l’université Stanford, juge que la loi repose sur une logique de suppression systématique, sans véritable discernement. Elle redoute que ce dispositif soit instrumentalisé contre les personnes transgenres, les travailleurs du sexe ou les discours critiques envers l’exécutif.

D’autres observateurs mettent en garde contre un risque de surmodération. Pour éviter les sanctions, les plateformes pourraient être tentées de retirer des contenus légitimes, au détriment de la liberté d’expression.

Si des figures publiques comme la chanteuse Taylor Swift ont été victimes de ces montages, les chercheurs soulignent que les femmes anonymes sont tout aussi exposées. Plusieurs scandales ont éclaté dans des établissements scolaires américains, de la Californie au New Jersey, où des centaines d’adolescents ont vu leurs images détournées. Ces pratiques alimentent le harcèlement, le chantage et des troubles psychologiques graves.

À l’échelle mondiale, la prolifération des applications de nudification et des outils d’intelligence artificielle bon marché rend la régulation de plus en plus complexe. Les experts estiment que l’ampleur du phénomène dépasse aujourd’hui les capacités d’intervention des législateurs.

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