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_**Ushuaïa sous haute surveillance : des scientifiques traquent le rat pour rassurer sur l’hantavirus**_

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_**Alors que l’alerte sanitaire liée à l’hantavirus s’estompe dans l’opinion, des biologistes argentins multiplient les captures de rongeurs autour d’Ushuaïa pour déterminer l’origine de la contamination à bord du navire Hondius.**_

Dans une relative indifférence, tant des touristes que des habitants, une équipe de scientifiques mène une vaste opération de piégeage en Terre de Feu. L’objectif est clair : identifier un éventuel réservoir animal de l’hantavirus, après que le navire de croisière Hondius a été le théâtre d’une contamination. Les experts, venus de Buenos Aires et de l’Institut Malbran, ont relevé plusieurs dizaines de cages disposées la veille dans des zones boisées, notamment au sein du Parc national de la Terre de Feu.

Vêtus de gants et de masques, les biologistes ont placé les pièges dans des sacs hermétiques avant de les transporter pour analyse. Selon une source sanitaire locale, une soixantaine de spécimens auraient été capturés, un résultat jugé satisfaisant. L’animal particulièrement surveillé est un petit rongeur sylvestre nocturne, le rat à longue queue. Pendant plusieurs jours, jusqu’à cent cinquante cages métalliques sont installées chaque soir, puis relevées à l’aube, dans l’espoir de constituer un échantillon représentatif. Des prélèvements sanguins et tissulaires seront ensuite envoyés à l’institut de référence pour des analyses approfondies.

À Ushuaïa, la menace virale semble lointaine. Si certains arborent masques et gants, c’est davantage pour se protéger du froid austral que d’un hypothétique pathogène. L’activité touristique, bien que ralentie par la saison, n’a pas été paralysée. Des catamarans continuent de proposer des excursions sur le canal de Beagle, attirant des visiteurs comme Maria Julia Tadeo, une avocate de Buenos Aires. Venue avec ses filles, elle confie ne pas avoir envisagé d’annuler son séjour, malgré la médiatisation du cas du Hondius.

Les autorités locales et les scientifiques insistent sur un point : la province de Terre de Feu n’a enregistré aucun cas d’hantavirus depuis trente ans. La souche identifiée à bord du navire, dite Andes, est pourtant transmissible entre humains, mais elle sévit dans des régions andines plus septentrionales, comme Rio Negro et Chubut. L’enjeu de cette mission est donc autant sanitaire qu’économique, Ushuaïa attirant chaque année jusqu’à quatre cent mille visiteurs, dont une part significative via les croisières.

Dans les rues de la ville, l’inquiétude reste mesurée. Alejandra Contreras, serveuse dans un restaurant du centre, témoigne d’une population qui se sait épargnée par le virus. Les résultats des analyses doivent être rendus publics d’ici un mois. Si les tests s’avèrent négatifs, la question de l’origine de la contamination du premier patient, un Néerlandais ayant séjourné quarante-huit heures à Ushuaïa avant d’embarquer, restera entière. Ce dernier avait parcouru l’Argentine, le Chili et l’Uruguay durant quatre mois, laissant planer un doute sur le lieu exact de l’infection.

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