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L’Union européenne s’apprête à valider la création de centres de rétention pour migrants en dehors de ses frontières

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Les Vingt-Sept devraient donner leur feu vert mercredi à une refonte majeure de la politique migratoire européenne, autorisant les États membres à établir des centres dédiés aux migrants déboutés du droit d’asile dans des pays tiers.

Cette initiative, portée avec vigueur par plusieurs capitales comme Copenhague, Vienne ou Berlin, vise à augmenter significativement le taux d’expulsions effectives, actuellement limité à environ vingt pour cent des décisions de renvoi. Les pays les plus engagés sur ce dossier ont déjà commencé à réfléchir aux localisations possibles et aux calendriers de mise en œuvre, sans attendre l’aval officiel de Bruxelles.

Le dispositif proposé par la Commission européenne il y a un peu plus d’un an prévoit également un durcissement des sanctions à l’encontre des migrants refusant de quitter le territoire communautaire. Confiscation des documents d’identité, placement en détention et interdictions d’entrée prolongées figurent parmi les mesures envisagées pour rendre les procédures de retour plus effectives.

Les formations politiques de droite au Parlement européen et une large majorité d’États membres accueillent favorablement ces propositions. François-Xavier Bellamy, eurodéputé français, a qualifié ce texte de condition indispensable pour reprendre la main sur la politique migratoire européenne. À l’inverse, les organisations de défense des droits humains et les partis de gauche dénoncent une atteinte au droit international. Amnesty International a mis en garde contre le risque de précipiter davantage de personnes dans des situations de vulnérabilité.

L’idée de centres de rétention extra-européens n’est pas inédite. L’Italie en a fait l’expérience en Albanie à l’initiative de Giorgia Meloni, mais le site est resté largement sous-utilisé en raison de contestations judiciaires. Le Royaume-Uni avait également conclu un accord avec le Rwanda avant d’y renoncer face aux obstacles juridiques.

Les cinq États membres les plus actifs sur ce dossier se réunissent régulièrement à Bruxelles pour élaborer différents modèles. Selon des sources proches des discussions, ils auraient dressé une liste d’une dizaine de pays susceptibles d’accueillir ces centres et auraient déjà pris contact avec certains d’entre eux. Le Rwanda, l’Ouzbékistan et l’Ouganda sont régulièrement cités comme des pistes crédibles. L’Allemagne a fait savoir qu’elle souhaitait conclure des premiers accords avant la fin de l’année.

La France et l’Espagne affichent pour leur part un certain scepticisme quant à l’efficacité de ces dispositifs et sont restées en retrait des négociations. Parallèlement, l’Union européenne explore d’autres voies pour faciliter les expulsions, comme en témoigne l’invitation récente d’une délégation talibane à Bruxelles pour discuter du renvoi de migrants en Afghanistan, une initiative qui a suscité de vives critiques de la part de la gauche et des organisations humanitaires.

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