Monde
Un ex-espion autrichien jugé pour avoir livré des secrets à Moscou
Le verdict doit tomber ce mercredi à Vienne dans le procès d’un ancien agent du renseignement autrichien, accusé d’avoir collaboré avec la Russie pendant près de sept ans.
Egisto Ott, 63 ans, comparaît depuis le 22 janvier devant le tribunal régional de Vienne. Il est poursuivi pour avoir mené, sans autorisation, des activités au profit de Moscou entre 2015 et 2022. Le parquet, qui a instruit ce dossier pendant plus de huit ans, a retenu une dizaine de chefs d’accusation, dont celui d’espionnage préjudiciable à l’Autriche. Il encourt jusqu’à cinq ans de prison.
Une partie des preuves présentées provient d’un pays occidental qui a identifié Egisto Ott lors d’une enquête. Un témoin britannique a été entendu au cours des débats. Les jurés doivent délibérer pendant plusieurs heures, et le jugement ne devrait pas être prononcé avant la mi-journée.
Interrogé mardi par l’AFP, l’accusé a fermement contesté les faits. Il s’est déclaré innocent, affirmant n’avoir jamais vendu ni transmis d’informations aux services russes. Il assure avoir toujours agi sur ordre de ses supérieurs ou dans le cadre légal.
Selon l’acte d’accusation, Egisto Ott aurait sollicité des demandes d’entraide judiciaire auprès de l’Italie et du Royaume-Uni, poussant ces pays à œuvrer à leur insu pour les intérêts russes. Il aurait notamment exécuté des ordres de Jan Marsalek, ancien cadre autrichien du groupe allemand Wirecard, recherché pour fraude et présumé réfugié en Russie, où il serait lié au FSB.
L’ancien agent aurait également remis les téléphones portables des trois plus hauts responsables du ministère autrichien de l’Intérieur, exposant ainsi la sécurité de réfugiés ukrainiens et tchétchènes en Autriche, ainsi que des milliers de contacts enregistrés dans ces appareils.
Un ordinateur portable contenant du matériel de sécurité électronique confidentiel, utilisé par l’Union européenne pour des communications sécurisées, aurait été transmis au FSB avant d’être revendu à l’Iran. Egisto Ott est aussi accusé d’avoir fourni des renseignements sur des personnalités menacées de représailles en Russie, comme un ancien espion russe réfugié au Monténégro.
Il aurait également aidé indirectement un proche du président Vladimir Poutine, Arkadi Rotenberg, visé par des sanctions européennes. Moscou cherchait à comprendre pourquoi la compagne lettonne de l’homme d’affaires rencontrait des difficultés aux frontières de l’Union.
Les enquêteurs ont par ailleurs retrouvé une analyse rédigée par M. Ott sur les méthodes employées lors du meurtre d’un Géorgien d’origine tchétchène à Berlin en 2019, un crime attribué à Moscou.
Un autre agent autrichien comparaît aux côtés d’Egisto Ott. Il affirme n’avoir jamais su que les informations demandées étaient destinées à la Russie.
Plus de quatre ans après le début du conflit en Ukraine, Vienne est régulièrement décrite comme un foyer d’espions russes. Environ 220 employés sont encore accrédités auprès de l’ambassade de Russie, l’une des plus grandes missions diplomatiques russes en Europe.
En Autriche, l’espionnage reste légal tant qu’il ne nuit pas aux intérêts du pays hôte. Cette situation a tendu les relations avec les services de renseignement partenaires ces dernières années. Pour répondre aux critiques, le gouvernement de coalition entre conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux envisage d’étendre la répression à l’espionnage visant l’Union européenne ou les organisations internationales basées à Vienne, et de pénaliser le recrutement d’agents pour le compte de services étrangers.
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