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Anthropic accusée par Washington de menacer la sécurité des troupes américaines

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Le gouvernement américain a justifié sa décision de placer la start-up d’intelligence artificielle Anthropic sur une liste noire en invoquant un risque potentiel pour la vie des soldats. Une affaire qui divise les tribunaux et suscite des interrogations sur l’usage de cet outil réglementaire.

L’administration Trump a défendu mardi devant une cour d’appel fédérale à Washington son inscription d’Anthropic sur une liste de fournisseurs jugés problématiques pour la chaîne logistique du Pentagone. Jusqu’alors réservée à des sociétés étrangères, cette classification a été étendue à l’entreprise californienne après qu’elle a refusé de lever certaines limitations de son modèle d’IA Claude. Ces restrictions empêchaient notamment le recours à l’outil pour la surveillance de masse de la population américaine ou pour des attaques autonomes potentiellement mortelles.

La start-up conteste cette décision devant deux juridictions. Un tribunal de San Francisco a temporairement suspendu son bannissement, tandis qu’une cour d’appel de Washington a refusé de faire de même. Lors de l’audience dans la capitale, l’une des trois juges, Karen Henderson, a exprimé son scepticisme. Elle a estimé que le gouvernement n’avait fourni aucun élément probant pour justifier cette désignation et qu’il avait « outrepassé ses prérogatives de manière spectaculaire ».

La représentante de l’administration, Sharon Swingle, a défendu la mesure en expliquant que les restrictions imposées par Anthropic risquaient de paralyser l’IA en pleine opération militaire. Une telle situation, a-t-elle affirmé, « aurait pu avoir des conséquences catastrophiques pour la sécurité nationale et mettre en danger la vie de soldats ». Elle a ajouté que cette classification permettait de sensibiliser rapidement l’ensemble du ministère et d’agir sans délai.

L’avocate d’Anthropic, Kelly Dunbar, a dénoncé un détournement de procédure. Selon elle, le Pentagone utilise cette liste comme un moyen de pression contractuel ou comme une mesure de rétorsion face au désaccord de l’entreprise. Elle a précisé que la start-up ne contestait pas le droit de l’administration de mettre fin à ses contrats, mais bien la méthode et les motifs invoqués.

La cour d’appel de Washington doit rendre sa décision dans des délais accélérés, les juges ayant reconnu la sensibilité de l’affaire.

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