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Google façonne l’avenir de la recherche avec un assistant IA autonome

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Le géant américain dévoile une nouvelle génération d’agents intelligents capables d’effectuer des tâches à la place des utilisateurs, marquant une étape décisive dans la transformation de son moteur de recherche.

Lors de sa conférence annuelle Google I/O, organisée près de son siège de Mountain View, le groupe a présenté une vision renouvelée de son outil phare. Sundar Pichai, son dirigeant, a détaillé les contours de Gemini Spark, un agent personnel d’intelligence artificielle qui sera accessible aux abonnés premium dès la semaine prochaine aux États-Unis, pour un abonnement mensuel de cent dollars. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de la recherche en ligne une expérience continue et proactive.

Le moteur de recherche lui-même intégrera d’ici l’été, sur le marché américain, des agents capables de fonctionner en permanence sans que l’ordinateur de l’utilisateur soit allumé. Ces derniers pourront réserver une table dans un restaurant, prendre contact avec un artisan ou surveiller l’actualité en temps réel. Parallèlement, Google a dévoilé un projet de panier de courses universel, conçu pour centraliser les achats effectués sur ses différentes plateformes, de la recherche à YouTube en passant par Gmail, en identifiant les offres les plus avantageuses.

Ces innovations s’inscrivent dans la mouvance de l’IA dite agentique, qui gagne du terrain dans la Silicon Valley depuis le lancement d’OpenClaw par le développeur autrichien Peter Steinberger. Cette plateforme permet à l’intelligence artificielle de prendre le contrôle d’un ordinateur pour gérer des courriels, effectuer des achats ou créer des logiciels. OpenAI a depuis recruté Steinberger, et les grands noms de la tech rivalisent pour démocratiser ces fonctionnalités, malgré les préoccupations liées à la sécurité et aux coûts élevés des ressources informatiques.

Pour soutenir cette ambition, Google a déployé la nouvelle version de son modèle d’IA, Gemini 3.5 Flash. Présenté comme quatre fois plus rapide que les modèles concurrents les plus avancés, il offre des performances comparables à celles de Claude Opus et ChatGPT 5.5. Ce modèle devient la référence par défaut dans l’application Gemini et dans les autres services du groupe. Une version plus puissante, Gemini 3.5 Pro, est attendue pour le mois prochain. Par ailleurs, Google a intégré SynthID, un outil de marquage invisible pour les images générées par IA, afin de lutter contre les manipulations et la méfiance du public.

Ces avancées suscitent cependant des inquiétudes chez les éditeurs de presse en ligne, qui voient leur audience et leurs revenus publicitaires diminuer. Une plainte déposée aux États-Unis par l’éditeur du Hollywood Reporter et de Rolling Stone affirme que 58% des recherches Google aboutissent désormais sans que l’internaute ne clique sur un site. En Europe, le Conseil européen des éditeurs a saisi la Commission européenne, accusant Google d’utiliser les contenus journalistiques pour alimenter ses résumés IA sans compensation financière. La France, où AI Mode reste indisponible, est au cœur d’un bras de fer persistant entre Google et les éditeurs.

Condamné pour abus de position dominante dans la recherche en ligne à l’été 2024, Google risque toujours un démantèlement partiel de son empire. En février, le ministère de la Justice américain a fait appel du jugement qui avait renoncé à imposer la cession de son navigateur Chrome. L’audience ne devrait toutefois pas avoir lieu avant la fin de l’année, voire en 2027.

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