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Il allait finir par me tuer

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Devant la cour d’assises de Digne-les-Bains, un homme de 51 ans répond de sept années de violences conjugales, viols et actes de torture infligés à son ex-compagne. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Pendant sept ans, Laëtitia R. a vécu un enfer silencieux. Cet enfer a pris fin en juin 2022, lorsqu’elle a confié à une amie avoir été étranglée une nuit. Cette confidence a déclenché l’alerte des forces de l’ordre et l’interpellation de son compagnon. Guillaume B., ancien directeur d’agence bancaire à Manosque, comparaît depuis lundi devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence. Il est accusé d’avoir soumis sa compagne, mère de quatre enfants, à des actes de torture et de barbarie, notamment lors de viols répétés, et de l’avoir contrainte à la prostitution.

À l’audience, l’accusé, vêtu d’un jean et d’un pull gris, a nié être un monstre. Il a évoqué des jeux sexuels consentis dans le cadre d’une relation sadomasochiste. Ses déclarations ont provoqué les sanglots de la plaignante, assise dans la salle. L’avocat de Laëtitia R., Me Philippe-Henry Honegger, a souligné la détermination de sa cliente à briser le silence après des années d’emprise.

La relation du couple, débutée sur une application de rencontre en 2015, a rapidement basculé dans un contrôle total exercé par Guillaume B. sur sa compagne. L’accusation décrit un quotidien marqué par des coups de planche à découper, des entailles au cutter, des brûlures et des relations sexuelles imposées avec des inconnus. Des enregistrements sonores et vidéos, ainsi que des expertises médicales, ont étayé le dossier. La plaignante, préparatrice en pharmacie de formation, est aujourd’hui reconnue handicapée entre 50 et 80 pour cent.

Une voisine du couple, Aurélie, a témoigné avoir entendu des hurlements de douleur chez ses voisins, qu’elle a qualifiés de torture. L’ex-épouse de Guillaume B. a également décrit des comportements violents, notamment durant sa grossesse, et a indiqué avoir mis fin à leur relation après une demande de prostitution. L’accusé avait perdu la garde de leurs deux enfants en 2018.

L’avocat de la défense, Me Arnaud Lucien, a plaidé l’intimité consentie du couple, affirmant que rien n’avait été imposé. Il a salué l’attention des jurés lors des débats. Le verdict est attendu vendredi. Avant l’audience, une quinzaine de femmes du collectif 8 mars toute l’année se sont rassemblées en soutien à Laëtitia R., brandissant des pancartes reprenant la formule de Gisèle Pélicot : la honte doit changer de camp.

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