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Économie

L’UE trouve un compromis commercial sous la menace de Trump

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Sous la pression du président américain, les Vingt-Sept et le Parlement européen sont parvenus à un accord provisoire pour appliquer l’accord commercial signé avec Washington l’été dernier.

Après des semaines de blocage et une ultime session de négociations à huis clos à Strasbourg, l’Union européenne a finalement scellé un compromis provisoire sur la mise en œuvre de l’accord douanier conclu avec les États-Unis en août 2025. La présidence chypriote de l’UE a annoncé cet accord à l’aube, mercredi, mettant fin à une impasse qui menaçait de raviver les tensions transatlantiques.

Donald Trump avait fixé au 4 juillet, date du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, la limite pour que les Européens ratifient cet accord. Le président américain, qui avait déjà appliqué ses engagements, menaçait de relever de 15 à 25% les droits de douane sur les automobiles et camions en provenance d’Europe. « Aujourd’hui, l’Union européenne tient ses engagements », s’est félicité Michael Damianos, ministre chypriote de l’Énergie, du Commerce et de l’Industrie, insistant sur la nécessité de préserver un partenariat stable et prévisible des deux côtés de l’Atlantique.

L’accord prévoit que Bruxelles supprime la plupart de ses droits de douane sur les produits américains, en échange d’un plafonnement à 15% des surtaxes imposées par Washington sur les marchandises européennes. Le Parlement européen, qui avait réclamé des garde-fous jugés excessifs par les États membres, a accepté de tempérer ses exigences. La clause de suspension renforcée a été assouplie, donnant aux Américains jusqu’à la fin de l’année pour éliminer les surtaxes supérieures à 15% sur l’acier, au lieu d’en faire une condition préalable à l’entrée en vigueur de l’accord.

Les eurodéputés ont également cédé sur les clauses dites « sunrise » et « sunset ». La première a été supprimée, tandis que la seconde a été repoussée à fin 2029, repoussant ainsi l’échéance d’un éventuel non-renouvellement. Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, a toutefois minimisé ces concessions, affirmant que l’institution avait obtenu un filet de sécurité complet, incluant un mécanisme de suspension en cas de non-respect de l’accord par les États-Unis, un suivi de l’impact économique, et une date d’expiration pour la législation.

Les tensions récentes autour des déclarations de Donald Trump sur le Groenland, de la guerre en Iran, ou encore des décisions de la Cour suprême américaine sur les droits de douane, avaient compliqué le processus de ratification. Plusieurs pays européens avaient également irrité la Maison Blanche par leurs critiques du conflit iranien. Malgré ces frictions, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a maintenu que l’Union respecterait ses engagements pour préserver les liens avec son premier partenaire commercial.

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