Économie
Samsung en Corée du Sud : une grève historique évitée de justesse ?
Les ultimes tractations entre la direction de Samsung Electronics et les syndicats se poursuivent ce mercredi pour tenter d’empêcher un mouvement social d’ampleur inédite, prévu dès jeudi.
Les représentants syndicaux et la direction du géant sud-coréen des semi-conducteurs sont réunis en fin de journée sous l’égide du ministre du Travail, après l’échec des précédentes discussions. Les organisations syndicales avaient annoncé dans la matinée le déclenchement d’un arrêt de travail de plus de deux semaines, à compter du 21 mai, susceptible de mobiliser près de 50 500 salariés sur les 125 000 que compte le groupe dans le pays. Ce conflit social intervient dans un contexte de croissance exceptionnelle pour Samsung Electronics, porté par l’essor de l’intelligence artificielle. Au premier trimestre de l’année 2026, le bénéfice net du groupe a été multiplié par rapport à l’année précédente, atteignant 27 milliards d’euros.
Les revendications portent sur une augmentation salariale de 7 %, la suppression du plafonnement des primes et l’affectation de 15 % du bénéfice d’exploitation aux gratifications. Les syndicats dénoncent les disparités importantes entre les employés du secteur des puces, qui bénéficient de primes élevées, et ceux des autres divisions. Le syndicat Samsung Electronics Labor Union a indiqué avoir accepté la proposition de médiation, mais a souligné que la direction l’avait refusée, ouvrant ainsi la voie à la grève. La direction, de son côté, a affirmé qu’aucun arrêt de travail ne devait avoir lieu et s’est dite disposée à négocier jusqu’à la dernière minute, tout en estimant que céder à des demandes excessives compromettrait les principes de gestion fondés sur les résultats.
Le fondateur de Samsung, Lee Byung-chul, farouchement opposé aux syndicats, avait juré qu’il n’en permettrait jamais la création. Il est décédé en 1987, et le premier syndicat n’a été constitué qu’à la fin des années 2010. La présidence sud-coréenne a exprimé ses regrets après l’échec des négociations et a appelé les deux parties à tout mettre en œuvre pour parvenir à un accord, compte tenu des conséquences potentielles sur l’économie nationale. Samsung Electronics et SK hynix, portés par la demande en intelligence artificielle, contribuent fortement à la croissance sud-coréenne et à la performance de la Bourse de Séoul. La valeur boursière de Samsung Electronics a dépassé les 1 000 milliards de dollars pour la première fois début mai, l’action ayant bondi de 400 % en un an.
Si la grève se concrétise, elle serait bien plus importante que celle de 2024, qui avait mobilisé 6 000 employés. L’impact économique pourrait être considérable. Samsung Electronics représente à lui seul 12,5 % du produit intérieur brut sud-coréen, et les puces-mémoires constituent 35 % des exportations du pays. Selon l’agence de presse Yonhap, la Banque de Corée estime que dans le pire des cas, un arrêt total de la production pourrait réduire le taux de croissance sud-coréen de 0,5 point de pourcentage en 2026. Le Premier ministre Kim Min-Seok a prévenu que si le mouvement menaçait de causer des dommages massifs à l’économie, le gouvernement pourrait recourir à tous les moyens d’intervention, y compris un arbitrage d’urgence suspendant la grève pour 30 jours.
Une éventuelle grève pourrait également perturber l’industrie technologique mondiale, Samsung étant le premier fournisseur mondial de puces essentielles aux serveurs, aux smartphones et aux véhicules électriques. La Chambre de commerce américaine en Corée s’est alarmée du risque de pression supplémentaire sur le marché mondial des puces-mémoires, aggravant les goulets d’étranglement et l’incertitude sur l’approvisionnement. Du côté des employés, on nuance l’ampleur de l’impact. Le syndicat NSEU fait valoir que des arrêts de production ont déjà eu lieu pour des raisons de maintenance. Un tribunal sud-coréen a par ailleurs ordonné que les opérations des usines de puces soient maintenues à un niveau normal et a interdit aux syndicats d’occuper les installations liées aux activités essentielles, sous peine d’amendes. Selon Tom Hsu, analyste chez TrendForce, le niveau élevé d’automatisation devrait permettre de maintenir la production de puces-mémoires à pleine capacité, l’impact potentiel concernant davantage les autres activités.
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