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L’Amérique boude l’intelligence artificielle

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Face aux craintes de chômage, de désinformation et de hausse des coûts, la défiance envers l’IA gagne du terrain aux États-Unis, suscitant des mobilisations inédites et un virage prudent de l’administration Trump.

L’enthousiasme initial pour l’intelligence artificielle a cédé la place à une inquiétude profonde dans la société américaine. Lors d’une cérémonie de remise de diplômes à l’Université d’Arizona, l’ancien dirigeant de Google, Eric Schmidt, a été accueilli par des huées après avoir déclaré que l’IA toucherait toutes les professions, les salles de classe et les hôpitaux. Ce rejet illustre un malaise grandissant, alimenté par la crainte que cette technologie n’entraîne une obsolescence des diplômes, une flambée des factures d’énergie et une déstabilisation du marché du travail. Selon une enquête récente, sept Américains sur dix estiment que l’IA progresse trop rapidement, et plus de la moitié en ont une opinion négative.

Les infrastructures nécessaires au déploiement de l’IA, notamment les centres de données, suscitent une opposition virulente. Ces installations, gourmandes en électricité et en eau, provoquent une hausse des coûts pour les ménages et deviennent un enjeu politique brûlant. Des élus locaux ayant soutenu leur construction ont perdu des élections, et des actes de violence ont été recensés. Un jeune homme a récemment lancé un cocktail Molotov contre le domicile du patron d’OpenAI, tandis qu’un conseiller municipal de l’Indiana a retrouvé sa porte criblée de balles, accompagnée d’un message hostile aux centres de données. Un sondage indique que ces infrastructures sont désormais moins populaires que les centrales nucléaires, avec 71% des Américains opposés à leur implantation dans leur voisinage.

Face à cette contestation, l’administration Trump semble infléchir sa position. Après avoir abrogé les exigences de sécurité instaurées par l’administration Biden et s’être opposé à toute régulation, le gouvernement envisage désormais un contrôle des modèles d’IA avant leur commercialisation. Interrogé sur Fox News, Donald Trump a reconnu qu’il fallait être prudent, tout en soulignant les aspects positifs de la technologie. Ce revirement pourrait avoir des répercussions lors des élections de mi-mandat et de la présidentielle de 2028, l’IA s’imposant comme un sujet politique de premier plan.

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