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Économie

Emmanuel Moulin promet une indépendance sans faille à la tête de la Banque de France

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L’ancien secrétaire général de l’Élysée a affirmé devant les parlementaires son intention d’exercer ses fonctions avec liberté et impartialité, alors que sa nomination suscite des interrogations sur son lien avec le pouvoir exécutif.

Emmanuel Moulin, haut fonctionnaire de 57 ans et ancien directeur du Trésor, a déclaré devant la commission des Finances du Sénat qu’il se présentait en homme libre, attaché au service public et déterminé à agir en toute indépendance. Il a balayé les critiques sur sa proximité supposée avec le président de la République, affirmant n’avoir jamais renoncé à ses convictions ni à sa liberté de penser. Devant les députés, il a insisté sur le fait que sa carrière ne se résumait pas à un lien exclusif avec l’actuel chef de l’État.

Le vote des commissions des Finances des deux chambres, qui se déroulera à bulletin secret, décidera de son avenir. Une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés est nécessaire pour valider sa nomination. L’issue reste incertaine, d’autant que le choix d’Emmanuel Macron de proposer ce proche à un poste aussi sensible a ravivé les accusations de favoritisme, après les nominations de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel et d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.

Le Parti socialiste a annoncé son opposition, estimant que le candidat ne présentait pas les garanties d’indépendance politique requises pour un banquier central. Les Insoumis et le Rassemblement national ont également fait savoir qu’ils voteraient contre. Le sort de Moulin dépendra donc largement du groupe Les Républicains, dont les sénateurs et centristes devraient majoritairement soutenir sa candidature, selon un cadre de l’alliance majoritaire au Sénat.

Pour convaincre les parlementaires, Emmanuel Moulin a mis en avant quatre qualités essentielles à ses yeux pour diriger la Banque de France : une expérience solide en politique économique, une indépendance inébranlable, des compétences en gestion et un profil européen et international affirmé. Il a également détaillé ses priorités, notamment la stratégie monétaire face à la résurgence de l’inflation liée aux tensions au Moyen-Orient, la souveraineté européenne en matière monétaire et la stabilité financière.

Il s’est prononcé en faveur du projet d’euro numérique, qu’il considère comme un atout majeur pour la souveraineté monétaire de l’Europe. Il a aussi promis de maintenir le rôle de proximité de la Banque de France en conservant une succursale dans chaque département.

Haut fonctionnaire ayant gravi tous les échelons financiers de l’État, Emmanuel Moulin a débuté sa carrière au Trésor. Directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde en 2007, il a rejoint l’Élysée en 2009 comme conseiller économique de Nicolas Sarkozy. Après un passage dans le privé chez Eurotunnel puis Mediobanca, il est revenu au ministère des Finances en 2017 comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire. Il a ensuite été nommé directeur du Trésor fin 2020, directeur de cabinet de Gabriel Attal en 2024, puis secrétaire général de l’Élysée en 2025.

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