Économie
Stellantis ouvre les portes de son usine bretonne au chinois Dongfeng


Le groupe automobile italo-franco-américain a signé un protocole d’accord avec le constructeur chinois pour produire des véhicules électriques et hybrides sur son site historique de Rennes, tout en créant une coentreprise dédiée à la distribution en Europe.
Stellantis poursuit son rapprochement avec l’industrie automobile chinoise. Le groupe a officialisé mercredi un accord préliminaire avec Dongfeng, visant à commercialiser les véhicules électriques de la marque premium Voyah sur le Vieux Continent et à les fabriquer dans l’usine de La Janais, près de Rennes. Cette annonce fait suite à un partenariat similaire conclu avec le jeune constructeur Leapmotor pour assembler deux modèles dans les usines espagnoles du groupe.
Dans le cadre de cet accord, une nouvelle entité sera créée, détenue à 51% par Stellantis et à 49% par Dongfeng. Cette coentreprise sera chargée de la vente et de la distribution des modèles Voyah sur des marchés européens ciblés. Parallèlement, les deux partenaires étudient la fabrication de véhicules électriques ou hybrides de Dongfeng sur le site de La Janais, un lieu emblématique inauguré en 1961 et historiquement lié à la marque Citroën.
Cette production locale permettrait aux modèles chinois d’éviter les droits de douane imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques importés de Chine, un enjeu stratégique majeur. Le site breton, qui ne fabrique plus que le SUV C5 Aircross, emploie environ 2 000 personnes, un effectif très éloigné des 12 000 salariés des années 1980. La direction voit dans ce partenariat une opportunité de prolonger significativement l’activité de l’usine, au-delà des sept à huit ans de visibilité offerts par le modèle actuel.
Les syndicats ont accueilli l’annonce avec prudence. La CFDT réclame des garanties pour les salariés et la sous-traitance, tandis que la CGT exige un plan d’embauche massif et s’oppose à toute dégradation des conditions de travail. Stellantis et Dongfeng, qui avaient déjà annoncé la relance de leur partenariat de trente ans la semaine dernière, prévoient également que la nouvelle coentreprise gère les achats pour bénéficier de l’écosystème compétitif chinois des véhicules électriques.
Le constructeur, confronté à une érosion de ses parts de marché en Europe depuis quatre ans et à des pertes colossales en 2025, doit dévoiler jeudi son plan stratégique pour retrouver rentabilité et croissance. Les alliances avec des partenaires chinois devraient en constituer un axe central. Contrairement à l’usine de Madrid, qui sera cédée à la coentreprise avec Leapmotor, Stellantis n’a pas évoqué de vente pour le site de Rennes. Les analystes estiment que cette stratégie, qui consiste à ouvrir les capacités de production à des concurrents chinois plutôt que de fermer des sites, permet d’éviter des coûts de restructuration tout en générant des revenus. Certains experts y voient une solution de court terme qui pourrait fragiliser l’usine si les ventes des modèles premium ne sont pas au rendez-vous. D’autres jugent ces partenariats pertinents, car ils permettent au groupe d’accroître sa part de marché et ses bénéfices en distribuant des véhicules chinois.





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