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Ebola en RDC : un foyer s’étend au Sud-Kivu, premier cas confirmé dans une zone sous tension

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L’épidémie d’Ebola, qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo, franchit une nouvelle étape avec la confirmation d’un cas dans la province du Sud-Kivu, une région en proie à l’insécurité. Cette annonce survient alors que l’Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte sanitaire internationale face à une flambée qui a déjà fait des centaines de victimes.

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) poursuit sa progression. Un premier cas de contamination a été signalé dans la province du Sud-Kivu, une zone orientale marquée par les affrontements entre les forces gouvernementales et le groupe antigouvernemental M23. L’information a été communiquée par le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, dans un communiqué publié jeudi. Selon ce dernier, les analyses ont confirmé un résultat positif sur un échantillon prélevé dans la zone de santé rurale de Miti Murhesa, située dans le territoire de Kabare, non loin de Bukavu, la capitale provinciale tombée aux mains du M23 en février 2025.

La personne infectée, un homme de 28 ans, est décédée avant que le diagnostic ne soit officiellement établi. Les autorités locales ont procédé à son inhumation en respectant les protocoles de sécurité en vigueur. Le patient était en provenance de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, où aucun cas n’a été recensé jusqu’à présent. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les autorités congolaises à ce sujet.

Cette nouvelle propagation intervient dans un contexte déjà critique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a activé dimanche dernier son plus haut niveau d’alerte sanitaire face à cette dix-septième flambée d’Ebola en RDC. Le foyer principal se situe dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays, tandis que des cas avaient déjà été recensés au Nord-Kivu. Le Sud-Kivu était jusqu’alors épargné. L’épidémie, qui suscite des inquiétudes en raison de l’insécurité et de l’enclavement des zones touchées, est suspectée d’avoir causé 139 décès sur près de 600 cas probables.

Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle. Bien que moins contagieux que la rougeole ou le Covid-19, il a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. La souche actuellement en circulation, dite Bundibugyo, ne dispose d’aucun vaccin ni traitement homologué. L’OMS estime le risque épidémique élevé aux niveaux national et régional, mais faible à l’échelle mondiale. La Commission européenne a également jugé le risque d’infection dans l’Union européenne très faible, sans recommander de mesures particulières.

Face à cette situation, les États-Unis ont annoncé un renforcement des contrôles sanitaires aux frontières pour les voyageurs en provenance des pays africains touchés. Le Bahreïn a pour sa part interdit pour un mois l’entrée des visiteurs venant de ces régions. En Allemagne, un Américain contaminé en RDC est hospitalisé, tandis que sa famille, asymptomatique, a été placée à l’isolement à la demande des autorités américaines. En Ouganda, un décès et un cas ont été enregistrés, mais aucun foyer local n’a été signalé. Par ailleurs, l’équipe nationale de football de la RDC a annulé une étape de sa préparation prévue à domicile en vue de la Coupe du monde, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique à partir du 11 juin.

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