Société
La France, sanctuaire menacé de l’État de droit, selon Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a défendu jeudi la primauté du droit face aux populismes et aux régimes autoritaires, lors de l’installation du nouveau vice-président du Conseil d’État.
Sébastien Lecornu a exhorté la France et l’Europe à rester des refuges pour l’État de droit, une notion qu’il estime aujourd’hui en péril. Devant les membres du Conseil d’État, il a dénoncé les forces qui, selon lui, fragilisent ce pilier démocratique, des populistes aux puissances étrangères bafouant leurs engagements.
Pour le chef du gouvernement, l’État de droit constitue le fondement même de la souveraineté nationale. Il a rappelé que sans règles juridiques et sans juges indépendants, la loi du plus fort finirait par l’emporter sur les libertés et les choix collectifs. « Si nous voulons rester une Nation libre et indépendante, plus que jamais, la force doit rester à la loi », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a identifié plusieurs menaces pesant sur cet équilibre. Il a cité les populistes qui dressent le peuple contre les institutions, ceux qui n’acceptent la règle commune que lorsqu’elle les arrange, les régimes autoritaires qui détournent le droit à leur profit, et les puissances qui violent les traités signés. Il a également mis en garde contre une fragilisation interne, lorsque l’État de droit est présenté comme un frein permanent à l’action publique.
Sébastien Lecornu a toutefois tenu à préciser que défendre l’État de droit ne signifie pas s’opposer à tout changement. « Il ne saurait être un statu quo ou un prétexte à l’immobilisme », a-t-il souligné, plaidant pour une adaptation des règles juridiques afin de mieux les préserver.
Cette déclaration intervient alors que le Premier ministre présidait l’installation de Marc Guillaume à la tête de la plus haute juridiction administrative. Il a salué la carrière et le caractère de ce haut fonctionnaire de 61 ans, ancien secrétaire général du gouvernement et préfet d’Île-de-France, très impliqué dans l’organisation des Jeux olympiques de 2024.

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