Faits Divers
Marine Le Pen condamnée en appel mais pas éliminée de la présidentielle
La cheffe de l’extrême droite française écope de 15 mois ferme d’inéligibilité déjà purgés et d’un an de prison sous bracelet. Pourtant, cette décision ne…


La cheffe de l’extrême droite française écope de 15 mois ferme d’inéligibilité déjà purgés et d’un an de prison sous bracelet. Pourtant, cette décision ne l’empêche pas a priori de se lancer dans la course à l’Élysée.
Tout commence en 2015. Le Parlement européen soupçonne des irrégularités dans les salaires d’assistants d’eurodéputés du Front national. Vingt d’entre eux sont payés sur des fonds européens, mais ils travailleraient en réalité pour le parti, pas pour le Parlement. L’Office anti-fraude de l’UE est saisi et le parquet de Paris ouvre une enquête. L’OLAF rend son rapport en 2016 et réclame près de 340 000 euros à Marine Le Pen pour les salaires de deux de ses assistants, sa collaboratrice et son garde du corps. Elle remboursera cette somme en 2023. Au total, le Parlement européen lance des procédures de recouvrement pour 1,1 million d’euros concernant six eurodéputés FN, dont Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch. Une information judiciaire est ouverte pour escroquerie en bande organisée, abus de confiance et travail dissimulé.
Les années suivants, les mises en examen s’enchaînent. En 2017, plusieurs assistants et cadres du parti sont mis en cause, dont Marine Le Pen elle-même, le FN et Louis Aliot. En 2018, les juges saisissent 2 millions d’euros de subventions publiques destinées au parti, estimant avoir réuni des indices d’un système de détournement organisé. Le parti, devenu Rassemblement national, crie à l’assassinat politique mais la cour d’appel ramène la saisie à 1 million. L’enquête se clôt en 2022 et le procès s’ouvre fin 2024. Pendant deux mois, les prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Jean-Marie Le Pen, jugé inapte, est absent et décèdera en janvier 2025.
Le 31 mars 2025, le tribunal rend son verdict. Tous sont reconnus coupables d’avoir mis en place un système pour payer des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen. Le préjudice est évalué à 3,2 millions d’euros, après déduction des 1,1 million déjà remboursés. Marine Le Pen écope de quatre ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Une peine qui mettrait fin à ses ambitions présidentielles. Elle fait appel, tout comme le parti et onze autres condamnés. Et en appel, la donne change. Marine Le Pen est condamnée mardi à 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis, soit 15 mois ferme déjà purgés, et à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique. Cette peine lui permet théoriquement de se présenter à la présidentielle. Mais elle avait conditionné sa candidature à l’absence de port du bracelet. Un nouveau rebondissement politique en perspective.
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