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Washington tend la main à Ankara pour les chasseurs furtifs, Israël serre les dents

Après sept ans de rupture autour du programme F-35, les États-Unis envisagent un virage diplomatique qui pourrait ravitailler la Turquie en avions de…

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Washington tend la main à Ankara pour les chasseurs furtifs, Israël serre les dents

Après sept ans de rupture autour du programme F-35, les États-Unis envisagent un virage diplomatique qui pourrait ravitailler la Turquie en avions de nouvelle génération. Mais cette perspective met Israël sur la défensive, craignant un bouleversement de l’équilibre militaire régional.

C’est un retournement qui prend de court les équilibres du Moyen-Orient. En 2017, les États-Unis avaient brutalement exclu la Turquie du programme de l’avion de chasse F-35, le plus avancé de leur flotte. La raison tenait à l’acquisition par Ankara du système de défense antiaérien russe S-400, jugé incompatible avec les exigences de sécurité de l’OTAN. Sept ans plus tard, Washington semble prêt à rouvrir la porte. Des discussions exploratoires auraient eu lieu, et la possibilité de livrer des appareils F-35 à la Turquie est de nouveau sur la table.

Ce changement de pied américain répond à plusieurs logiques. D’abord, un besoin de réancrer la Turquie dans l’Alliance atlantique, alors que le président Erdogan multiplie les signaux d’indépendance et de rapprochement avec Moscou. Ensuite, il s’agit de sécuriser un maillon clé de l’Otan sur le flanc sud, dans un contexte de guerre en Ukraine et d’instabilité au Proche-Orient. Mais cette main tendue a un revers immédiat: Israël voit d’un très mauvais œil l’éventualité de voir la Turquie équipée de ces chasseurs furtifs. Pour Tel-Aviv, ces appareils pourraient réduire à néant la supériorité aérienne israélienne, notamment dans l’espace syrien ou libanais où Ankara mène des opérations.

L’hostilité israélienne est d’autant plus vive que la Turquie ne cache plus ses ambitions régionales et critique ouvertement la politique de colonisation israélienne. En cas de livraison, les F-35 turcs pourraient survoler des zones sensibles et compliquer les missions de l’aviation israélienne. Pour l’instant, rien n’est signé. Mais cette simple perspective suffit à raviver des tensions qui dépassent le cadre technologique. Washington devra choisir entre resserrer les liens avec un allié turc versatile ou ménager les intérêts stratégiques d’Israël, son partenaire historique au Moyen-Orient.

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