Monde
Trump et Erdogan l étrange amitié des hommes forts
Donald Trump ne cache pas son admiration pour Recep Tayyip Erdogan. Malgré des tensions passées et des menaces économiques, les deux dirigeants…


Donald Trump ne cache pas son admiration pour Recep Tayyip Erdogan. Malgré des tensions passées et des menaces économiques, les deux dirigeants entretiennent une relation faite de respect mutuel et de pragmatisme._
Le président américain a toujours eu un faible pour les dirigeants à poigne. Recep Tayyip Erdogan en fait partie. Trump le qualifie régulièrement d’« ami » et de « costaud ». En retour, le chef d’État turc reste prudent mais lui rend la pareille. Après des années de relations glaciales sous l’administration Biden, Ankara voit dans le retour de Trump une opportunité. Erdogan parle d’un « ami » lui aussi et mise sur le pragmatisme pour éviter de nouveaux affrontements.
Cette amitié pourtant a connu des orages violents. En octobre 2019, alors que la Turquie s’apprêtait à lancer une opération dans le nord de la Syrie, Trump avait menacé de « détruire totalement l’économie turque ». Dans un tweet cinglant, il écrivait que si Ankara faisait « quoi que ce soit d’interdit », il agirait. Puis il avait envoyé une lettre à Erdogan avec cet avertissement : « Ne fais pas l’imbécile. Tu ne veux pas être responsable du massacre de milliers de gens. » Selon des sources proches du président turc, celui-ci aurait jeté la lettre à la poubelle en affirmant qu’il « n’oublierait pas » ce message. Malgré tout, l’opération turque fut lancée.
Pourtant, Trump semble fasciné par la dureté de son homologue. Dans un enregistrement de 2020, il déclarait : « Je m’entends très bien avec Erdogan, même si on n’est pas censé. Plus ils sont durs et méchants, mieux je m’entends avec eux. » Avant une visite d’Erdogan à Washington en 2025, la première depuis 2019, Trump disait de lui : « C’est un type très opiniâtre. D’habitude je n’aime pas ça, mais lui, je l’aime quand même, même s’il est coriace. » Erdogan avait alors répondu en parlant de l’influence considérable de Trump et en espérant pouvoir, ensemble, surmonter les problèmes au Moyen-Orient. En mai 2026, après un appel téléphonique, Trump le décrivait comme un « dur à cuire » et un « excellent allié ». À l’approche d’un sommet de l’OTAN à Ankara en juin 2026, Trump justifiait son déplacement en Türkiye par sa relation avec Erdogan : « Si ce n’était pas sous son égide, je ne pense pas que j’y serais allé. » Il promettait même de le rendre heureux. Un duo d’hommes forts qui, malgré les coups bas, trouve toujours un terrain d’entente.
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