Faits Divers
Soutien de la foule pour Rima Hassan face à la justice
Ce mardi, des centaines de personnes se sont massées devant le tribunal de Paris pour défendre l’eurodéputée LFI jugée pour un tweet polémique. Un procès…


Ce mardi, des centaines de personnes se sont massées devant le tribunal de Paris pour défendre l’eurodéputée LFI jugée pour un tweet polémique. Un procès qui relance le débat sur la liberté d’expression autour de la cause palestinienne.
Rima Hassan est arrivée avec un keffieh sur les épaules. La militante franco-palestinienne doit répondre d’apologie du terrorisme. En cause, un message publié fin mars sur son compte X. Elle y mentionnait Kōzō Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque de l’aéroport de Tel-Aviv en 1972 qui avait tué 26 personnes. Ce tweet, vite supprimé, a entraîné des plaintes de l’Organisation juive européenne et de la Licra.
Sur le parvis, une foule compacte brandissait des drapeaux palestiniens et des pancartes à son effigie. Jean-Luc Mélenchon, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et plusieurs députés insoumis étaient présents. Une banderole proclamait « défendre la Palestine n’est pas un crime ». Brigitte, architecte de 63 ans, explique être venue « soutenir une femme courageuse et travailleuse » et dénoncer « ces anathèmes qui essayent de flinguer la gauche ». Plus de 200 personnalités ont signé une tribune de soutien, dont Annie Ernaux, Christiane Taubira, Benjamin Biolay, Xavier Dolan et Virginie Despentes. L’avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, parle d’une « criminalisation d’une voix propalestinienne parce qu’elle est forte et qu’elle dérange ». Il anticipe un procès « majeur du point de vue de la liberté d’expression ».
Cette affaire s’inscrit dans un climat déjà tendu. Le 2 avril, la garde à vue de l’élue avait provoqué un tollé politique et médiatique. Son avocat avait fustigé une procédure « parfaitement illégale », destinée à contourner son immunité parlementaire. Des fuites dans la presse avaient mentionné la présence de drogue de synthèse dans son sac, mais l’enquête sur ce point a été classée sans suite. Rima Hassan a porté plainte pour violation du secret de l’enquête et saisi le Défenseur des droits. Elle dénonce de « graves manquements déontologiques » des policiers, notamment des recherches « disproportionnées » de sa géolocalisation. Elle doit aussi comparaître le 16 septembre pour deux autres procédures, visant des accusations similaires d’apologie et de provocation.
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