Faits Divers
Bracelet électronique et campagne présidentielle le casse-tête de Marine Le Pen
La justice a réduit l’inéligibilité de la cheffe du RN, mais lui impose un an de prison à domicile sous surveillance. De quoi relancer le suspense pour…

La justice a réduit l’inéligibilité de la cheffe du RN, mais lui impose un an de prison à domicile sous surveillance. De quoi relancer le suspense pour l’élection de 2027.
La cour d’appel a tranché mardi. Marine Le Pen est condamnée à trois ans de prison dont un an ferme à purger chez elle avec un bracelet électronique. Mais la peine d’inéligibilité, qui l’empêchait de se présenter, est drastiquement réduite. Elle passe de cinq ans à 45 mois, dont 30 avec sursis, et la partie ferme a déjà été purgée depuis la condamnation en première instance. Résultat la porte de la présidentielle reste ouverte. La candidate d’extrême droite n’a donc aucun intérêt à se pourvoir en cassation, car cela prolongerait l’incertitude. Mais elle doit désormais composer avec un boulet de poids le bracelet électronique qu’elle devra porter pendant sa campagne.
Concrètement, Marine Le Pen peut être candidate, mais pas libre de ses mouvements. Elle avait elle-même affirmé qu’il lui serait impossible de faire campagne dans ces conditions. Pourtant, les sondages la donnent favorite du scrutin d’avril et mai prochains, bien au-delà des 30% d’intentions de vote. Son remplacement par Jordan Bardella, son dauphin, ne semblerait pas non plus compromettre les chances du RN. Mais la cheffe de file n’a pas l’intention de lâcher prise. Samedi dernier, à Liévin, elle lançait déjà « nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la victoire ». Reste à savoir si le bracelet électronique lui permettra de tenir ce rythme et de mener une campagne aussi intense que prévu.
Les débats en appel ont été plus calmes qu’en première instance, mais le fond n’a pas changé. Les juges ont estimé que Marine Le Pen est coupable d’avoir mis en place un système de détournement de fonds européens entre 2014 et 2016, en faisant embaucher des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti. Une organisation d’abord artisanale sous Jean-Marie Le Pen, puis professionnalisée à partir de 2012. Face à cette condamnation, Marine Le Pen continue de clamer sa bonne foi. Mais la justice a choisi de ne pas lui barrer la route de l’Élysée, contrairement à ce qu’avait décidé le tribunal en première instance. Le parquet général a désormais dix jours pour faire appel. Une décision qui pourrait encore rebattre les cartes.
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