Politique
La Guyane entre dans le cercle des Caraïbes
La région française devient membre associé de la Communauté des Caraïbes après la Martinique. Une adhésion pleine de promesses mais encadrée par des…


La région française devient membre associé de la Communauté des Caraïbes après la Martinique. Une adhésion pleine de promesses mais encadrée par des règles strictes.
C’est officiel. Depuis le début juillet, la Guyane est membre associé de la Caricom, l’organisation régionale la plus ancienne et la plus structurée des Caraïbes. Fondée en 1973, elle réunit 15 États souverains, d’Haïti au Guyana, et pèse 18 millions d’habitants. La signature a eu lieu lors du sommet des chefs de gouvernement à Sainte-Lucie. Un an après la Martinique, la France continue donc d’ancrer ses territoires d’Amérique dans leur environnement géographique naturel. Car la Guyane, c’est l’Union européenne posée au cœur du bassin caraïbe. Et cela change la donne.
Mais attention, cette adhésion ne signifie pas une carte blanche. Le statut de membre associé permet à la Guyane de participer aux discussions politiques et de bénéficier des programmes de coopération. Pas question cependant d’avoir un droit de vote. Et surtout, Paris a posé des limites très claires. La Collectivité territoriale de Guyane ne pourra pas s’immiscer dans la politique étrangère ni dans la politique commerciale, deux compétences réservées à l’Union européenne. Concrètement, cela signifie que la libre circulation des personnes, pourtant déjà en vigueur entre plusieurs États membres de la Caricom, ne sera pas applicable en Guyane. Les engagements pris au sein de l’organisation le seront au nom de la France et devront respecter le droit national et communautaire. Un cadre serré, voulu pour éviter toute confusion de souveraineté.
Pourtant, les opportunités sont bien réelles. L’adhésion ouvre des perspectives dans des domaines stratégiques comme l’éducation, la santé, l’innovation numérique, le développement économique ou encore la lutte contre le réchauffement climatique. La demande datait de 2012, le projet a donc mûri longtemps. La Guyane va pouvoir coopérer avec des voisins qui partagent les mêmes défis, entre gestion des catastrophes naturelles, enjeux sanitaires et transition écologique. La Caricom dispose d’une banque de développement, d’une cour d’arbitrage et d’agences spécialisées. Un vrai réseau d’entraide régionale. Il reste une dernière étape, cette adhésion devra être ratifiée par le Parlement français, comme ce fut le cas pour la Martinique. La route est tracée, il ne reste plus qu’à emprunter le chemin.
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